L’enquête de Foenkinos sur l’autre Harry Potter

L’enquête de Foenkinos sur l’autre Harry Potter
©BELGA/AFP, D.R.

Martin Hill naît le 23 juin 1989 au Queen Charlotte's and Chelsea Hospital, là où, un mois plus tard, verra le jour un certain Daniel Radcliffe, futur interprète de Harry Potter. Leurs deux destins seront étroitement liés, comme le raconte, presque à la manière d'une enquête journalistique, David Foenkinos dans Numéro deux . L'auteur de La Délicatesse (Gallimard, 2009) a en effet eu la finesse de s'intéresser à Martin Hill, l'enfant de l'ombre, celui qui faillit obtenir le rôle dans le film du producteur britannique David Heyman. Qui faillit… et qui sera sans cesse poursuivi par le succès planétaire de Harry Potter. Comment aller à l'école, au cinéma, dans une librairie, s'informer ou embrasser une fille sans entendre parler à un moment donné du sorcier le plus célèbre de la terre ? Un excellent sujet, d'autant que les deux derniers candidats sont restés en lice plusieurs semaines.

Du réel à la fiction

Partant des faits réels, l'écrivain retrace d'abord la formidable aventure littéraire de J.K. Rowling avec une multitude de détails qui passionnera même les plus avertis tant les péripéties qui ont précédé la publication en anglais de Harry Potter and the Philosopher's Stone (Bloomsbury, 1997) relèvent du conte de fées.

Foenkinos se concentre ensuite sur la sélection des candidats avec le soupçon de suspense indispensable pour maintenir le lecteur en haleine. Lequel ne tardera pas à s’identifier à l’antihéros. Que ceux, en effet, qui n’ont jamais été numéro deux, qui n’ont jamais connu l’échec, ni souffert de projecteurs braqués juste à côté d’eux, referment immédiatement le livre. Les autres, très nombreux, se délecteront de ces quelque deux cent trente pages, qui passent de la réalité à la fiction, brassent plusieurs sujets actuels et moins légers qu’on le croit ; qu’il s’agisse de l’échec, de l’évitement, du poison de la comparaison ou encore de la résilience. Un roman qui se lit très aisément, malgré une légère baisse de régime, vite pardonnée, dans la dernière partie du livre, antichambre d’un final d’une réelle évidence et qui pourtant surprendra plus d’un lecteur.

"Numéro deux", David Foenkinos, Gallimard, 236 pp, 19,50 €, version numérique 14 €.