Antoine Wauters couronné par le Goncourt de la nouvelle

Antoine Wauters couronné par le Goncourt de la nouvelle
©D.R.

"Il y a eu tellement de belles choses depuis le mois de septembre que je suis serein." Ainsi nous parlait Antoine Wauters il y a tout juste une semaine, alors que nous évoquions avec lui sa présence (aux côtés de Jean-Philippe Toussaint notamment) parmi les six finalistes du Goncourt de la nouvelle. Et c'est vrai que l'écrivain (par ailleurs éditeur et scénariste) belge a connu des mois fastes depuis la parution de Mahmoud ou la montée des eaux (Verdier), magistrale plongée dans la mémoire d'un homme et d'un pays en guerre, la Syrie. Succès critique autant que public, ce roman en vers libres s'est vu attribuer le prix Wepler, le prix Marguerite Duras et, tout récemment en Suisse, le prix des Librairies Payot.

Trois ans après sa compatriote Caroline Lamarche, Antoine Wauters a donc décroché hier à Paris le prix Goncourt de la nouvelle pour Le musée des contradictions (Ed. du Sous-Sol), recueil aux allures de manifeste. En mai dernier, il confiait à La Libre son intention, à travers ce livre, d'"aller à l'encontre des discours habituels et stéréotypés qui creusent une distance entre la parole politique et la parole citoyenne". Il ajoutait avoir voulu se "placer à hauteur de l'être humain, avec des discours directs mais sans éluder nos contradictions, nos nuances, qui montrent ce que nous sommes". Dénoncer les manichéismes pour mieux nous amener à réfléchir tant sur la marche du monde que sur notre humaine condition, tel est l'un des pivots du travail de ce natif de Fraiture qui a étudié la philosophie à l'ULB.

C'est en 2008 qu'il entre en littérature, par la poésie. Il ne tarde pas à se faire remarquer et décroche en 2013 le prix Marcel Thiry pour un récit en vers libres, Césarine de nuit. En 2014, Nos mères, son premier roman, est couronné par le prix Première et le prix Révélation de la SGDL. Suivront Pense aux pierres sous tes pas (finaliste du prix Décembre, prix du Deuxième roman 2018) et Moi, Marthe et les autres. Consécration de poids, le Goncourt vient aujourd'hui couronner un écrivain qui n'a jamais transigé avec sa liberté de création, estimant qu'elle "se gagne aussi par un autre rapport à la langue". Ainsi ne craint-il pas de décloisonner les genres, de gommer les frontières. Ni de parier sur la curiosité des lecteurs.