"Le dessin constitue l’épicentre de la pratique, mais il ne faut pas la réduire à cela", écrit Benoît Dussart dans le texte qu’il consacre à l’artiste belgo-saint-marinaise Priscilla Beccari (1986) qui vit à Tournai où elle s’est formée à l’Académie des Beaux-Arts.

Effectivement, l’artiste pratique la pluridisciplinarité puisqu’elle passe de la performance à la photographie, du dessin au collage, ainsi qu’au monotype, à l’objet et à la vidéo. La panoplie des approches est large mais le sujet est récurrent : les petits moments de la vie quotidienne, entre banalité et ambiguïté, avec un zeste de piment dérangeant.

La plasticienne qui porte volontiers son regard sur les personnes, les femmes en particulier, "cultive systématiquement le trouble, le souffre et l’étrangeté", poursuit l’auteur qui évoque aussi le surréalisme et en réfère à Louise Bourgeois et Kiki Smith. On est dans le haut de gamme ! Il parle aussi de "l’aplomb ou les bégaiements du trait" et de "l’aspect malmené des supports". Une série d’indices qui permettent d’entrer dans un univers qui introduit la fantaisie et l’onirisme dans le journalier familial.

Dans un commentaire, Pascal Bernier se dit, par rapport aux dessins, "surpris par leur âpreté pourtant douce et leur violence pourtant calme". Priscilla Beccari aime dérouter le regard et prendre la tangente des situations convenues. Il cite aussi Gainsbourg et c’est bien vu. Quant à Philippe Braem, il parle "d’un monde ironique", genre celui qui agit en sous-marin. La légèreté apparente peut aussi cacher une certaine gravité. On peut se reconnaître en ces œuvres !

Priscilla Beccari Monographie Arts 20+0 De Divers textes, 48 p., édité par le centre culturel Wolubilis.

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