Trois questions à Colin Gotovicth, coordinateur de l'expo "Droits dans les yeux" présentée à la Foire du livre par Amnesty International


Quelle est l’idée maîtresse de "Droits dans les yeux", la nouvelle expo proposée par Amnesty International ?

Nous avions déjà réalisé "Droits de regard" car, sans les yeux des photographes, Amnesty International ne pourrait pas si bien communiquer. L’Onu s’est prononcée la Déclaration universelle des droits de l’homme est notre cadre juridique, le canevas sur lequel s’appuie notre mission. Notre travail de fond, d’éducation et de dénonciation, sera une nouvelle fois interprété par les photographes. Dans des pays lointains, des gens se battent comme nous, mais en risquant parfois leur vie. Les photographes nous permettent de montrer comment "agir ici" rejoint "agir là-bas", ils donnent à voir tous ces Nobel qui n’ont pas de prix, tous ceux qui s’opposent ou simplement disent librement ce qu’ils pensent, au risque d’être condamnés aux coups de fouet ou à la lapidation.

Comment avez-vous choisi les photographes, et ensuite les photos qui seront mises en valeur ?

Une short list de photographes belges nous a été fournie par Georges Vercheval, le fondateur du Musée de la Photographie (Charleroi). Pour notre précédente exposition, nous avions travaillé avec de grandes agences de presse. Ici, nous avons voulu mettre en avant le travail des Belges. Sur base de la Déclaration des droits de l’homme (qui pouvait être déclinée à travers les droits humains, les victimes ou les défenseurs), ils nous ont soumis des photos, qui toutes permettent une vraie immersion dans ce que peut apporter le travail d’Amnesty International. Ce n’est pas un inventaire des misères, nous revendiquons un vrai travail sur l’esthétique par le biais d’images fortes qui poussent à la réflexion.

Pourquoi avoir choisi d’inaugurer cette exposition dans le cadre de la Foire du livre ?

Ce rendez-vous brasse un nombre important de personnes, des gens ouverts à la littérature et à l’actualité. Nous avons donc l’espoir de sensibiliser de nouveaux publics. L’exposition sera ensuite itinérante pendant deux ans - elle est dupliquée en six exemplaires et deux formats, et peut donc s’adapter facilement à tout lieu. Un dossier pédagogique est également disponible. A noter encore qu’elle intègre le travail de jeunes qui, à travers un concours ouvert aux écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, nous ont envoyé leurs photos. Submergé par leur qualité, nous présenterons vingt d’entre elles.

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