Lundi prochain, on découvrira dans "Lire", notre supplément littéraire de rentrée, la critique de l’excellent roman de Michel Houellebecq, "Soumission" : terriblement houellebecquien par sa méditation désespérée sur les impasses de notre société et sur l’homme dépressif plongé dans la médiocrité de notre monde. Mais aussi terriblement jouissif et intelligent à lire.

On ne dévoilera pas le roman, mais en guise d’apéritif, voilà ce que Houellebecq écrit dans son livre, sur la Belgique. Des propos purement accessoires mais "savoureux".

Il rappelle que c’est à Bruxelles que les grands écrivains du XIXe siècle, échappant ainsi à la censure française, ont pu publier leurs livres, à commencer par J.K. Huysmans au cœur de ce roman. Houellebecq tient des propos proches de "Pauvre B." de Baudelaire : "C’étaient surtout la saleté et la tristesse de la ville qui m’avaient frappé, écrit-il, ainsi que la haine palpable, plus encore qu’à Paris ou à Londres, entre les Communautés : à Bruxelles, on se sentait plus que dans toute autre capitale européenne, au bord de la guerre civile." Revenant plus tard, "les rues étaient toujours aussi sales". Et il parle du quartier européen, comme de "cette forteresse lugubre, entourée de taudis".

Le bar du Métropole

Un des personnages principaux du roman est d’origine belge et a fait son doctorat à l’UCL, à Louvain-la-Neuve, et un endroit important est le bar de l’hôtel Métropole à la place de Brouckère, "le sommet du décor Art nouveau".

On sait que cette fiction littéraire d’un grand écrivain (on n’est pas chez Zemmour) imagine un président musulman en France en 2022. Houellebecq ajoute que "La Belgique était le deuxième pays après la France où le parti musulman se retrouvait en position majoritaire". Car, "alors que les partis nationalistes flamand et wallon, de loin les premières formations politiques dans leurs régions respectives, n’avaient jamais réussi à s’entendre ni même à engager véritablement un dialogue, les partis musulmans flamand et wallon, sur base d’une religion commune, étaient très facilement parvenus à un accord de gouvernement."

Suite pour la philosophie de ce roman dans "Lire", et dans "Soumission" publié par Flammarion.