Livres & BD

“Oublier Klara” nous emmène au-delà du cercle polaire. On retrouve l’écriture virile et poétique de l’écrivaine. Rencontre avec une dame hors pair.

S’il est une personne qui collectionne les talents et force l’admiration, c’est la navigatrice Isabelle Autissier. Ingénieure halieute - spécialiste des milieux aquatiques - , elle sera la première femme à participer à la course autour du monde à la voile en solitaire, avec escales, en 1991. Un exploit qui la rendra célèbre. Elle connut également la terrible édition du Vendée Globe, circum navigation sans escales, de 1996-1997, celle de la disparition de Gerry Roufs. La navigatrice l’a cherché longtemps, dans des conditions dantesques, au cœur du Pacifique. En vain... Lors de l’édition suivante, elle fera naufrage et abandonnera la course, mais pas le large. Dans la foulée, elle devient présidente du WWF France et se met à écrire des romans qui, de Kerguelen, le voyageur au pays de l’ombre (Grasset, 2006) à Soudain, seuls (Stock, 2015), bientôt adapté au cinéma, en passant par L’Amant de Patagonie (Grasset, 2012), reçoivent un très bel accueil public et critique. Elle a la plume virile et poétique, le sens de la narration, le goût de l’aventure, des situations extrêmes dans lesquelles elle plonge ses personnages qui, dans son nouveau roman, Oublier Klara, quittent la ville perdue de Mourmansk, au-delà du cercle polaire, pour les États-Unis ou… le goulag. Très concernée par l’environnement, cette dame des mers et des lettres, complice avec l’académicien Erik Orsenna, évoque l’urgence absolue dans laquelle nous nous trouvons.

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