Livres - BD

"Il s’agissait de traiter Jack London avec tout le respect que l’on doit à un grand écrivain." Ainsi s’exprime Philippe Jaworski, maître d’œuvre de l’entrée de Jack London (San Francisco, 1876 - Glen Ellen, 1916) dans la Pléiade, qui a travaillé avec l’équipe précédemment réunie autour des parutions sur papier bible de Francis Scott Fitzgerald et de Mark Twain. Autodidacte qui se définissait comme un lecteur omnivore, écrivain largement traduit et adulé de par le monde, Jack London est plus célébré pour son esprit d’aventure que pour la qualité littéraire de ses écrits. Un malentendu que l’auteur de "Croc-Blanc" et de "Martin Eden", dont on célèbre ce 22 novembre le centenaire de la mort, a contribué à alimenter et qu’entendent dissiper les deux volumes de romans, récits et nouvelles qui viennent de paraître. Décryptage de cette confusion avec Philippe Jaworski.

De la Bibliothèque verte - où beaucoup l’ont découvert dans les années 1960 - à la Pléiade, le destin éditorial de Jack London en France est à lui seul une fabuleuse aventure…

Je m’en félicite. La raison pour laquelle j’ai accepté cette proposition du directeur de la Bibliothèque de la Pléiade est qu’elle nous permettait de contribuer à faire passer Jack London du statut d’auteur pour la jeunesse - ce qu’il n’a jamais été - au statut d’écrivain à part entière. Il a développé diverses facettes auxquelles on a accolé différentes étiquettes. Sa vérité est dans le caractère multiple de sa personnalité et de son œuvre. L’essentiel, et cette édition le prouve, est de montrer que les vraies aventures de Jack London sont littéraires, que sa vérité est plus présente dans ses textes que ses aventures dont sont friands les biographes.

Vous suggérez d’ailleurs de goûter à son œuvre sans trop s’inquiéter de ce que fut sa riche existence…

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