Premier volume de la collection "Grands Destins de Femmes" que Françoise Scruz dirige aux éditions Naïve, "Virginia Woolf" est un roman graphique mis en page par Bernard Ciccolini, scénarisé par Michèle Gazier.

Comment est née cette collaboration ?

Michèle Gazier est une amie. En tant qu’écrivain, elle a publié une dizaine de romans ("Un soupçon d’indigo", "La Fille"), la plupart au Seuil; spécialiste des littératures espagnole, italienne et portugaise, elle a été traductrice (notamment de Manuel Vasquez Montalban) et est critique littéraire, d’abord à "Libération", ensuite à "Télérama". Comme nous aimons les romans et le "Journal" de Virginia Woolf, l’idée de conter - d’esquisser - sa vie nous a plu dès qu’on nous a présenté le projet.

On vous connaît surtout comme illustrateur de livres jeunesse…

Après des études inachevées aux Beaux-Arts à Aix-en-Provence (mais je suis né à Paris en 1953), j’ai débuté par de petits emplois dans "Pif", l’hebdo qui deviendra "Vaillant le journal de Pif" puis "Pif Gadget", qui tirait à 800000 exemplaires. Puis, chez Casterman, je fus directeur artistique du fameux mensuel "(A Suivre)", de son premier à son dernier numéro, soit de février 1978 à décembre 1997 : c’est là qu’est né ce qu’on appelle aujourd’hui le "roman graphique". Pour les petits, j’ai illustré des albums (chez Gallimard Jeunesse, à L’école des loisirs, etc.), dont "Bonjour les enfants, c’est Guignol" avec Florence Cestac, trois livres écrits par Daniel Pennac ("Bon bain les bambins", "Le crocodile à roulettes" et "Le serpent électrique"); seul, j’ai réalisé "Toutourien"

Virginia Woolf, née à Londres en 1882 : une vie particulièrement grise…

Virginia est très mélancolique, dépressive (elle finira par se suicider, dans une rivière du Sussex, le 28 mars 1941) mais elle avait aussi une soif de bonheur, un réel appétit de vivre. Même de l’humour. De sa mère, perdue trop tôt, elle avait hérité un visage de beauté préraphaélite. Dans l’album (de facture expressionniste, colorié à l’aquarelle), j’adresse quelques clins d’œil à des peintres - Grosz ou Füssli - ou aux Beatles traversant Abbey Road en 1969. Je termine maintenant un autre volume de cette collection, écrit par Jean-Philippe Noël et consacré à l’éthologiste Dian Fossey, assassinée en 1985, qui fut la protectrice des gorilles du Rwanda.

Virginia Woolf Michèle Gazier et Bernard Ciccolini Naïve (9, rue Victor-Massé, 75009 Paris) 92 pages illustrées en couleurs, env. 23 €