Sylvain Prudhomme a reçu mardi le prix Femina pour “Par les routes”.

L’écrivain Sylvain Prudhomme a reçu mardi le prix Femina pour Par les routes, un livre aux accents mélancoliques sur l’art de l’abandon, une réflexion sur le temps, la liberté et le désir, dans une langue souple et déliée.

Le roman, le huitième de Sylvain Prudhomme, publié chez L’Arbalète/Gallimard avait déjà été récompensé début octobre par le prix Landerneau des lecteurs. Installé à Arles, le l’écrivain de 40 ans est chroniqueur à Libération et a également collaboré à diverses revues, dans les pages desquelles il a déjà laissé voir son affection pour le voyage.

Par les routes met en scène un homme d’une quarantaine d’années jamais autrement nommé que “l’autostoppeur”.

En couple avec une traductrice nommée Marie, père d’un petit garçon, l’auto-stoppeur ne peut s’empêcher de partir régulièrement, pouce levé, au hasard sur les routes de France.

L’histoire est racontée par Sacha, un ancien ami. Écrivain, Sacha est venu s’installer dans une petite ville du sud-est sans savoir qu’il y retrouverait son compagnon de jeunesse avec qui, vingt ans auparavant, il avait sillonné la France en autostop.

L’un s’est assagi, l’autre, doux et aimant, a pourtant toujours ce besoin paradoxal de bouger, d’aller voir d’autres ailleurs même si, le plus souvent, ce sont des aires d’autoroutes. “C’était comme s’il avait toujours besoin que sa trajectoire en frôle d’autres”, écrit joliment Sylvain Prudhomme en parlant de son personnage.

Au fil des absences de plus en plus longues et fréquentes de l’auto-stoppeur, Sacha se rapproche de Marie et de leur fils Agustin.

Mais le livre du romancier n’est pas un vaudeville. Ce qu’offre Sylvain Prudhomme, qui a figuré dans les sélections du Renaudot, de l’Interallié et du Grand prix du roman de l’Académie française, est une splendide ode à la liberté. Il existe une multitude d’existences possibles, rappelle l’écrivain.

Le livre (304 pages, 19 euros) est délicat, sans emphase. La tonalité du roman oscille entre Lodoli (l’écrivain italien que traduit Marie et dont elle dit : “Toujours la même chose. La vie qui passe. Le temps qui s’en va. C’est tout simple, il n’y a jamais rien de spectaculaire”) et Leonard Cohen qu’on entend fredonner “Famous Blue Raincoat”, une chanson où il est question d’une fille que l’on est deux à aimer et où l’un des garçons dit à l’autre : “Je suis heureux que tu te sois trouvé sur ma route”.

Les autres prix

Le Femina étranger a été décerné à l’Espagnol Manuel Vilas pour Ordesa (Éditions du Sous-Sol) et le Femina de l’essai à Emmanuelle Lambert pour Giono furioso (Stock).

L’Irlandaise Edna O’Brien, qui concourait dans la catégorie Femina étranger avec Girl, obtient un prix spécial “pour l’ensemble de son œuvre”. Et Michel Desmurget, l’un des finalistes pour le Femina de l’essai avec La fabrique du crétin digital, remporte une “mention spéciale en tant que lanceur d’alerte”.

L’an dernier, le prix Femina avait été décerné à Philippe Lançon pour Le Lambeau (Gallimard).