Tout ça ne nous rendra certainement pas le Congo mais, quand même, il y a de quoi devenir sceptique face à certaines assertions que l'on croyait définitives sur notre monarchie !

Pratiquement depuis un siècle et demi, l'on avait l'habitude de souligner deux grandes caractéristiques atypiques de Léopold Ier, du moins dans le contexte belgo-belge s'entend. Non seulement, il était luthérien et il le resta jusque sur son lit de mort mais on a aussi toujours mis en exergue son appartenance à la franc-maçonnerie.

Si son protestantisme ne fait pas de doute, un ouvrage tout récent de Jean van Win, intitulé pourtant très positivement "Léopold Ier, le roi franc-maçon", jette un gros rocher tout brut dans le jardin de l'imaginaire collectif belgo-belge. En fait, l'auteur arrive à la conclusion que s'il entra effectivement en Loge, ce fut de manière très épisodique et surtout honoraire.

La recherche approfondie dans les meilleures archives en atteste : des appartenances maçonniques suisse, anglaise et belge, seule est avérée son admission à titre honorifique et sans témoins dans la loge de l'Espérance (Zur Hoffnung) à Berne à l'âge de 23 ans, alors qu'il est au service du tsar de Russie. Pour le reste, il n'existe nulle preuve d'un engagement maçonnique personnel même si, durant son règne, le Roi rencontra forcément des maçons à tous les niveaux de l'Etat.

Comment expliquer alors la perpétuation de la légende ? Comme le montre van Win, le Grand Orient de Belgique utilisa très habilement le Roi pour sa cause après son décès en organisant, le 10 février 1866, une grande cérémonie "en mémoire du Frère Léopold". Que s'était-il passé ? Un billet publié par le correspondant bernois de "L'Indépendance belge" révélait que "le Roi appartenait à cette association humanitaire qui a été récemment l'objet d'attaques violentes"... Au Grand-Orient, ce dévoilement devenait un argument intéressant à un double titre : la maçonnerie belge mise à l'écart par les frères traditionnels retrouvait une certaine aura tout comme elle put se défendre aussi contre les excès de l'Eglise de Belgique à son égard. Alors ? L'auteur, plutôt que de trancher définitivement, n'a pu cacher son trouble devant une phrase écrite par le Roi à sa nièce, la reine Victoria, où ,déplorant qu'il n'ait pu coiffer la couronne de Grèce, il confie que "levé à l'Occident, à l'inverse du soleil, j'irai mourir à l'Orient"...

Léopold Ier aimait-il brouiller les pistes ? Seul le Grand Architecte pourrait le dire... Une étude passionnante dans tous les cas...

PAS DE PIPOLE À SCANDALES

Dans un tout autre registre, on s'intéressera aux "Amours royales et princières" au sous-titre à odeur de soufre "Mariages, liaisons, passions et trahisons de la Cour de Belgique", de Patrick Weber. Qu'on se rassure : le chroniqueur de "C'est du Belge" ne tombe pas dans le "pipole à scandales", ni dans la littérature de caniveau comme certains chroniqueurs autoproclamés à l'agenda caché très politique.

Avec la finesse qui le caractérise, Weber montre comment les histoires d'amour monarchiques passent de l'intimité à l'Histoire. Ici, pas de révélations fracassantes étayées comme dans l'ouvrage précité mais quelques clés qui permettent de comprendre certaines stratégies royales...