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Lorsqu’il rejoint Paris en 1921, Ernest Hemingway est un jeune rescapé de la guerre. En mai 1918, il s’est engagé dans l’armée américaine, bardé d’idéaux. Deux mois plus tard, sur le front italien, il est touché par un shrapnel : on retirera 217 morceaux de mitraille de sa jambe. A cette blessure physique, bientôt thème récurrent de son œuvre, s’ajoute le désarroi d’avoir été envoyé au massacre par une armée incompétente et des politiciens dépourvus de discernement. En découlent cynisme et désenchantement.

Du journalisme au roman

Puisque le taux de change est particulièrement favorable aux Américains, Ernest effectue lui aussi la traversée pour s’installer dans la capitale française. Il y restera jusqu’en 1925, gagnant misérablement sa vie en tant que journaliste. Là, il fréquente certains compatriotes, parmi lesquels Sinclair Lewis, George Gershwin, Ezra Pound qui deviendra pour lui une figure tutélaire, Gertrude Stein qui le pousse à abandonner le journalisme pour l’écriture. "Le soleil se lève aussi", son premier roman, et "Paris est une fête", un récit posthume, témoignent de cette vie parisienne effervescente dans laquelle s’est jetée une génération que Stein qualifia de "perdue".