C'est devenu un rituel bien établi: chaque année, à la rentrée, le nouveau livre d’Amélie Nothomb débarque dans les vitrines et les rayonnages des libraires. Qu’importe la crise engendrée par le Covid-19, l’auteure belge est à nouveau au rendez-vous cette année avec Les Aérostats paru aux éditions Albin Michel. Et comme chaque année en pareille circonstance, Amélie Nothomb fait le tour des médias pour promouvoir son petit dernier.
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 Ce mardi 1er septembre, c’est sur Europe 1 qu’elle était invitée. Au micro de la station française, elle a évoqué ses souvenirs de rentrée des classes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne sont pas rangés dans la catégorie des plaisirs. “Une rentrée sur deux, je vomissais en me réveillant tellement j’étais angoissée, explique-t-elle. Parce que je ne savais pas ce qui m’attendait. Ce qui me terrifiait le plus, c’étaient les enfants que j’allais rencontrer. Est-ce que j’allais être dans une classe sympathique? Est-ce que j’aurais des amis? Ça me terrifiait, infiniment plus que les enseignants.”

Il faut reconnaître que la scolarité de l’auteure n’a pas été celle de monsieur et madame Tout-le-monde. Ses premiers pas à l’école, elle les a effectués au Japon où son père, diplomate, était en poste. “Le jardin d’enfants dans le système japonais, c’était l’armée”, dit-elle. L’uniforme, marcher au pas et le lever de drapeau, c’était tout ce qu’elle détestait.

Ensuite, il y a eu la Chine où l’un de ses instituteurs l’avait prise en grippe. Et à New York, c’est un cartable Snoopy hérité de sa grande sœur qui la mettait dans tous ses états : “C’est intolérable […], les gens vont croire que je suis une enfant.” Elle avait à peine huit ans...

Une fois rentrée en Belgique pour effectuer ses études, c’est sur les bancs de l’université que le cauchemar a continué. À 19 ans, elle était sérieuse comme un pape et avait la vitalité d’un poireau trop cuit, confesse-t-elle. “Je pensais être transparente jusqu’au jour où, ayant pris la parole en cours, je me suis fait littéralement insulter par tout le monde. Tout l’amphi(théâtre) criait ‘connasse’. Je vous assure, ça m’a fait beaucoup d’effet.”