Lettres de Carl Norac aux enfants qui passent

L.B. Publié le - Mis à jour le

Livres - BD

Témoignage d'amour d'un père à sa fille-fée, signe de transmission, profonde légèreté de l'écriture, envie de se glisser dans la nature, de l'épouser, de la sentir, `Lettres du géant à l'enfant qui passe´ est un texte à savourer. Carl Norac, également papa, a souhaité transmettre à sa fille une des clés du bonheur: saisir l'instant, s'y plonger ou le croquer à pleines dents, selon l'humeur du moment.

La scène est facile à imaginer. Un géant est caché derrière une montagne. En passant, intriguée par les mots qui s'envolent comme des lettres au vent, une fillette s'arrête et tend l'oreille. Décrivant ses mots comme des cailloux, le poète dit les ramasser au fond de lui, les mettre à la file, sans les vouloir méchants. Tombés du bord des lèvres, il les aligne devant l'enfant qui passe pour lui parler de son chemin. Car c'est lui que l'auteur cherche à montrer aux enfants et que chacun trouvera en lisant ces douces lettres.

GOÛTER AUX ÉTOILES

Certaines sont écrites à midi pour parler de la lumière; d'autres l'après-midi, en scrutant l'horizon; et les dernières, le soir venant, lorsque le géant se laisse gagner par la mélancolie et parle des hommes et de la ville.

De page en page, le lecteur goûtera aux étoiles, en espérant être choisi par l'une d'entre elles, aux nuages, plus salés surtout après l'orage, traversera les paysages si légers pour le voyageur non pressé, évoluera dans les feuillages et suivra le poète tout au long de ce périple, parfois écrit comme un reportage, avec le lyrisme en prime. L'impression est là, en effet, que Norac a choisi de se balader, des années durant, dans la nature, en prenant le temps nécessaire de cueillir chaque impression.

Amoureux depuis toujours de l'écriture et des voyages, ceux-ci l'ont rendu muet longtemps. Puis, confie-t-il, `à force de traverser des paysages, j'ai senti que les paysages me traversaient´. Voilà pourquoi, comme lui, nous sentons que: `L'herbe est molle sous mes pieds nus.

La rosée pétille sur ma peau par des milliers de goutelettes.

Je marche sans presser mon pas.´

S'il parcourt le monde de l'Asie à l'Arctique, offre dans `Coeur de singe´, un mélange d'Inde et de Chine, Carl Norac, qui est né à Mons mais qui vit à Olivet près d'Orléans, aime également sillonner la France et la Belgique pour aller à la rencontre des enfants dans les écoles.

Auteur des inoubliables `Mots doux´, réalisés avec Louis Joos, et best-seller en 1998 aux États- Unis, mais aussi du `Sourire de Kiawak´, ou encore de `La Grande Ourse´, Carl Norac est souvent édité chez Pastel.

Il se tourne également vers le théâtre et le théâtre jeune public pour lequel il écrit des textes, sensibles et narratifs, mis en scène par Yves Coumans.

Enfin, les adultes le connaissent, grâce au recueil `Dimanche aux Hespérides´, récompensé par plusieurs prix littéraires.

© La Libre Belgique 2002

L.B.

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