Elles étaient 22 autrices belges francophones en lice, avec chacune un ouvrage (roman, nouvelles, essai, poésie) paru en 2020, pour le Prix littéraire des Grenades – du nom de la plate-forme de la RTBF qui "dégoupille l’actualité d’un point de vue féministe". Soutenue par le PILEn (Partenariat interprofessionnel du livre et de l’édition numérique) dans la foulée de l’opération #LisezvousleBelge, cette première édition (dotée de 1000 euros) tend à mettre en avant les femmes de lettres.

En saluant Lisette Lombé et son recueil Brûler, brûler, brûler (Éd. L’Iconoclaste, coll. L’Iconopop), le Prix souligne l’importance prise par la poésie dans le temps trouble des suspensions et des confinements. Mais aussi la place et la puissance gagnées par les engagements féministes et citoyens lors de l’année écoulée.

Liégeoise avec "le Congo tatoué sur le visage", la quadragénaire, membre fondatrice du collectif L-Slam, a d’elle-même une définition plurielle qui fait passer la poésie par divers canaux, de l’écriture au collage en passant par la performance scénique.

À la fois textuel et visuel, son recueil, fait d’une langue qui passe par la chair et la voix, embrasse ses combats.

"Artiviste", Lisette Lombé s’affirme "à l’intersection des luttes". Y compris la transition écologique, la remise en question du capitalisme.

"Pour moi, la question des droits des femmes est liée à celle du racisme et à plein d’autres discriminations : la grossophobie, l’homophobie, le validisme, etc. Mon féminisme est la recherche d’un dénominateur commun entre toutes les femmes, c’est-à-dire les causes qui dépassent les frontières : l’intégrité physique, le droit à l’éducation", scande-t-elle. Tout en revendiquant la complexité de cette articulation, la nécessaire résistance du féminisme "aux discours simplistes, à l’exigence de pureté".

Au fil des pages de Brûler, brûler, brûler, au gré des rimes parfois, du rythme toujours, pulse une parole qui dénonce, qui combat, qui relie aussi. Une parole du souvenir et pour l’avenir, à l’écoute lucide de nos présents houleux.