Hier soir, Ingrid Betancourt a inauguré la 41e édition de la Foire du Livre. C’est le président du conseil d’administration, Hervé Gérard, qui a pris la parole le premier pour remercier l’ensemble de l’équipe de la Foire du Livre, souligner la diminution de subsides et transmettre les chiffres de 166 stands pour 1 300 éditeurs présents, constituant une "qualité culturelle distinguant notre Foire du Livre de Bruxelles des autres salons".

Ana Garcia,commissaire générale, est ensuite intervenue pour évoquer essentiellement le thème de cette édition : "Le monde appartient aux femmes". "Il ne s’agit pas d’offrir une vision sexiste du monde mais de rendre hommage à toutes les femmes." "Les Chinois appellent la femme la seconde moitié du ciel, nous avons voulu peupler ce ciel d’une multitude d’étoiles", a-t-elle ajouté en faisant référence à la dizaine de femmes de lettres invitées d’honneur. Puis Ingrid Betancourt prit la parole pour un discours inaugural attendu. "C’est un grand honneur pour moi d’être là, libre et vivante, car c’est à Bruxelles qu’a commencé le combat pour la libération des otages colombiens." Elle poursuivit : "Si "le monde appartient aux femmes" est une question, je répondrais non, si c’est un désir, une ambition, je crois que l’on devrait penser plutôt en termes de partage que d’appartenance." Et d’affirmer : "Le monde d’aujourd’hui n’est certainement pas le monde dans lequel nous souhaiterions vivre, ce n’est pas un monde idéal mais en aucun cas, nous, les femmes, ne pouvons dire que c’est la responsabilité des hommes."

Loin de dénoncer une situation qui lui semble pessimiste sans apporter de solution, Ingrid Betancourt a proposé que les femmes développent leurs facultés de dialogue, leur vision à long terme, leur solidarité et de réfléchir à leur rôle dans le monde qui pourrait être celui de la transmission des valeurs grâce à l’expression, droit encore trop souvent bafoué. "Ce n’est pas dans l’attente passive qu’on nous cède une place, c’est dans l’action", a-t-elle conclu en soulignant qu’en matière d’écriture, la parité est un fait. Appuyée par Kitty Crowther, Joumana Haddad, poétesse et journaliste libanaise, a enchérit à ce propos : "Ce monde n’est pas à convoiter mais à conquérir. Il ne faut pas penser ce monde est à moi, donnez-le moi, mais ce monde est à moi, je le prends." Dès aujourd’hui, la plupart des invitées d’honneur participent à des débats et sont disponibles pour des rencontres lors des dédicaces, profitez-en!

Bruxelles, Tour&Taxis, jusqu’au 21 février. Infos : www.flb.be