Patricia MacDonald, l’héroïsme au féminin

Livres & BD

Geneviève Simon

Publié le - Mis à jour le

Patricia MacDonald, l’héroïsme au féminin
© David Ignaszewski
Entretien

Pour Patricia MacDonald, la visite d’un pays ne peut rimer avec tourisme. Seules l’intéressent les rencontres. "Je suis comme chez moi auprès de mes lecteurs", dit celle qui, avec près de 1,5 million d’exemplaires vendus en France depuis 1985 et "Un étranger dans la maison", est l’une des grandes ambassadrices du suspense psychologique. Son succès en Europe dépasse d’ailleurs celui qu’elle connaît en son pays - elle habite à Cape May, près de Philadelphie. Son dernier page turner, "Une nuit, sur la mer", retrace l’enquête d’une mère qui ne se résigne pas à la mort "accidentelle" de sa fille survenue lors d’une croisière dans les Caraïbes. Un combat pour la vérité où le doute agit comme un poison insidieux.

La Foire du livre met, cette année, les femmes à l’honneur. De quoi vous réjouir ?

J’ai toujours pensé qu’hommes et femmes étaient égaux, parce que mon père me l’a dit et qu’il m’a traitée avec respect. J’espère que cette thématique n’a pas été choisie dans le but de nous valoriser, car ce n’est pas nécessaire : nous savons de quoi nous sommes capables !

Vos romans sont toujours centrés sur des héroïnes. Pourquoi ?

Parce qu’elles voient le monde avec mes yeux, pensent comme moi. Les femmes sont mères, donc responsables et accrochées à la vie. Je voudrais penser que j’agirais comme elles face à ce qu’elles traversent.

Comment est né “Une nuit, sur la mer” ? D’un fait divers ?

De plusieurs. Tout d’abord, il y a l’histoire d’un homme tombé à l’eau pendant sa lune de miel, puis celles relayées par le site Overboard, et enfin celle d’une jeune femme disparue aux Caraïbes et pour la recherche de laquelle sa mère a dépensé tout ce qu’elle possédait. Ce que certains ont considéré comme une folie.

Chez vous, il n’y a ni sang ni violence…

Ce n’est pas nécessaire pour mes lecteurs et pas important pour moi. Peut-être est-ce la raison pour laquelle je ne suis guère populaire aux Etats-Unis. Seule m’intéresse la motivation de ceux qui commettent des méfaits, pas le comment. Mes héroïnes sont des amateurs, qui n’ont pas accès aux techniques scientifiques. Pas plus que les lecteurs. Nous savons tous qu’un jour le téléphone sonnera ou que la porte s’ouvrira pour une mauvaise nouvelle. Nous aimons notre famille, nos enfants, et nous nous inquiétons pour eux. Mais quelque chose arrivera : cette angoisse que nous avons en commun est toujours mon point de départ. Pour moi, c’est arrivé tôt, je n’avais que 18 ans à la mort de mon père, 25 ans à celle de ma mère. Cette souffrance, tout le monde l’a connue ou la connaîtra.

Ce qui permet au lecteur de s’identifier…

Oui, d’autant que la vie quotidienne de mes héroïnes est banale : on les voit dans leur cuisine, faisant du shopping, conduisant leurs petits à l’école.

Faites-vous relire vos romans à votre mari, qui est libraire, ou à un proche ? Ecoutez-vous leurs conseils ?

Non, car pour eux je suis quelqu’un d’autre qu’un écrivain : une épouse, une mère, une amie. Je suis d’ailleurs fière que ma fille ne s’intéresse pas à mon travail. Nous l’avons toujours considérée comme la personne la plus importante de la famille car les enfants doivent l’être. C’est le seul moment dans la vie où on se sent adoré et en sécurité. Ma fille m’a dit il y a peu qu’elle ne s’était jamais rendu compte que je travaillais. Pour elle, ce n’est pas important. Elle a raison.

Ecrivez-vous tous les jours ?

Non, car c’est un vrai travail. Raison pour laquelle je n’ai pas peur de la page blanche. Il faut simplement persévérer. J’ai été journaliste et, dans ce métier, on n’a pas le temps de souffrir face à la page blanche : il faut travailler, gagner sa vie. C’est toujours le cas pour moi.

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