Il se murmure, et se confirme, que le public aurait été moins nombreux cette année à la Foire du Livre de Bruxelles. Moins nombreux certes, d’environ 10 % dit-on, mais de qualité, ciblé, intéressé et même acheteur. Des 70 000 visiteurs enregistrés l’an dernier, on estime donc à 63 000 le nombre d’entrées cette année et l’on regrette, de l’avis général, un jeudi 26 février particulièrement morose. L’inquiétude régna alors dans les rangs mais la fréquentation du vendredi et surtout celle du week-end ainsi que du lundi, un dernier jour beaucoup plus chargé que d’habitude, est venue rassurer les anxieux.

Satisfaction

In fine, cette 45e édition de la Foire du Livre de Bruxelles fut donc une belle réussite. Et ce grâce, entre autres, à la générosité, à l’intelligence, à la singularité et à la disponibilité de ce cher Dany Laferrière, un invité d’honneur comme on ose à peine en rêver. Du côté du pavillon québécois, le moral est au beau fixe : "La foire fut exceptionnelle. On connaît toujours un certain succès à Bruxelles mais c’est la première fois que nous sommes à l’honneur. On a triplé la présence des maisons d’édition et la participation de nos auteurs aux débats a été très fructueuse. Le public suivait ensuite les auteurs sur le stand. On a prouvé qu’on était accueillants et nous sommes convaincus que notre présence ici va porter ses fruits", nous dit Richard Prieur, directeur général de l’Association nationale des éditeurs de livres.

Autre petit coup de sonde chez Actes Sud où on se réjouit, là aussi, de l’intérêt réel des lecteurs. Même satisfecit chez Esperluète, une petite maison d’édition belge qui propose des livres originaux et de qualité.

Belle présence de la jeunesse

Une certaine inquiétude fut certes latente en raison des récents événements. Lieu de rassemblement et de liberté d’expression, la Foire du Livre pouvait, pourquoi le nier ?, devenir une cible de choix pour les terroristes. Des mesures de sécurité supplémentaires ont d’ailleurs été prises. Cette crainte a-t-elle freiné le public ? Ana Garcia, commissaire générale de la Foire du Livre, ne peut l’affirmer. Elle constate en tout cas que les débats autour des sujets d’actualité ont été particulièrement suivis. Tels celui de Christine Ockrent et Aude Merlin, "Europe-Russie, liaisons dangereuses" ou "Réalités et fictions de la débrouille congolaise" avec In Koli Jean Bofane et Fiston Mwanza Mujila. Ana Garcia se réjouit également de la belle présence de la jeunesse qui s’explique, entre autres, par la remise du prix Bayard. Cette importante maison d’édition a invité 1 600 enfants pour l’occasion. Mais aussi par le prix Farniente de la Ligue des familles et par le millier d’entrées offertes aux enfants par Joëlle Milquet, ministre de l’Enseignement et de la Culture de la Fédération Wallonie Bruxelles. Très visible, cette année, grâce à son cinquantième anniversaire et à son espace d’exposition, L’école des loisirs se dit également très satisfaite à l’issue d’un événement qui a célébré le livre comme il le mérite, dignement.