Avec seize disciplines représentant la musique, l’audiovisuel, les arts plastiques, les arts de la scène et la littérature, il y avait, lundi soir, de quoi prendre le pouls de la vie artistique - côté francophone de Belgique - des deux dernières années. On sait - ou non - que la Sabam fut fondée en 1922 par des auteurs, pour des auteurs et qu’elle représente aujourd’hui plus de 41 000 auteurs et plus de 4 millions d’œuvres. Outre son rôle d’intermédiaire entre les créateurs et le public, elle soutient le secteur artistique, en Belgique et à l’étranger, à travers des événements, des bourses et ces fameux Sabam Awards (2 000 euros) destinés à des auteurs des deux communautés (en alternance annuelle), et attribués par des jurys de spécialistes indépendants.

Le transfuge Fafchamps

Présenter dans chacune des 16 catégories, les quatre auteurs "nommés" (ou "nominés", selon l’anglicisme abhorré) grâce à des vidéos éclairs, désigner le gagnant, l’inviter sur scène, ne jamais lâcher la salle : c’était la mission presque impossible à laquelle Eric Russon, très en forme, s’est collé avec brio. Entre les salves, on entendit le groupe pop-rock Pale Grey ; la pianiste Laurence Mekhitarian dans un des Feuillets d’Arménie de Jean-Luc Fafchamps - également mentionné comme compositeur du film Insyriated ; et, en finale pétaradant, La Chiva Gantiva, élue ex-aequo avec Afrikän Protoköl dans la catégorie Musiques du Monde (en est-il d’autres ?). Impossible de commenter tous ces prix, mais, à l’évidence, les jurys ont globalement récompensé deux qualités majeures dans le domaine de la création : l’audace et la persévérance.


Le palmarès

Arts visuels : Marie Josée Burki, pour le travail accompli depuis 2016.
Audiovisuel :
Sébastien Petretti pour Make aliens dance (court-métrage) ; Olivier Jourdain pour L’Eau sacrée (long métrage) ; Philmarie pour Sonar (musique de film) .
Bande dessinée :
Jean-François Charles, pour le travail accompli depuis 2016.
Chanson française :
Témé Tan.
Littérature :
Philippe Remy-Wilkin pour Lumière dans les ténèbres et l’ensemble de sa carrière.
Musique :
Jean-Luc Fafchamps pour Feuillets d’Arménie (musique contemporaine) ; Afrikän Protoköl et La Chiva Gantiva, ex-aequo (musiques du monde) ; Haring (électronique) ; Claire Goldfarb et Rachel Ponsonby, ex aequo (jeune public) ; Isha (musique urbaine) ; Pale Grey (pop-rock).
Théâtre :
Sam Touzani et Gennaro Pitisci (auteurs) pour Les Enfants de Dom Juan  ; Pierre Kissling et Vincent Cahay (compositeurs) pour Tristesses  ; Véronique Gallo (humour) pour The One Mother Show.