Cette année, « Soif », le nouveau roman d’Amélie Nothomb ne sera pas qu’un best-seller assuré. La romancière fait raconter sa Passion par Jésus lui-même. Loin des dogmes traditionnels, elle argumente et dresse un portrait formidablement humain de Jésus.

Amélie Nothomb utilise sa liberté totale d’écrivaine et la force de son imagination pour nous offrir un roman bien différent des autres. Aussi agréable à lire que profond et rafraîchissant. On est loin avec elle, de l’intégrisme figé qui semble saisir aujourd’hui certaines religions, on est aux antipodes d’un conservatisme mortifère.

En donnant sa version humaniste de la Passion, du Chemin de Croix à la Crucifixion, tout en respectant toutes les étapes de l’histoire, elle donne à Jésus une tendresse nouvelle. Elle parvient dans son roman à combiner sa créativité qu’on sait débordante, et une réflexion forte sur l’amour et la culpabilité.

Elle témoigne que la « foi » ce n’est pas respecter des diktats mais qu’elle est une soif, une quête qu’on peut trouver, pour certains, dans la religion, mais tout aussi bien dans l’art, l’action sociale, l’amour, le mysticisme, une cantate de Bach … et un roman. « Comment sait-on qu’on a la foi? C’est comme l’amour, on le sait. On n’a besoin d’aucune réflexion pour le déterminer », dit « son » Jésus.

Amélie Nothomb renoue, dans cet opus, certes d’une toute autre manière, avec ses grands romans comme Stupeur et tremblements.