Le poète Yves Namur occupe la haute fonction depuis le 1er janvier 2020.

Élu à l’unanimité par ses pairs littéraires, écrivains et philologues, le nouveau Secrétaire perpétuel de la prestigieuse Académie royale de langue et de littératures françaises, médecin de son état, pratiquant son art thérapeutique à Châtelineau, s’annonce sous la devise "transparence et collégialité" et souhaite faire connaître la Rue Ducale autant que l’est le Quai Conti parisien. Noble tâche, ardue sans doute, mais la détermination ne manque pas à Yves Namur, qui compte même ouvrir l’institution jusqu’aux "irréguliers du langage", ceux-là mêmes qui n’hésitent jamais à tordre le cou aux règles de la bienséance grammaticale, syntaxique ou orthographique. Un Jean-Pierre Verheggen - pour ne citer que lui - y serait-il à la fête ? Il est vrai que notre poète académicien a été biberonné, en namurois, par le couple André et Cécile Miguel, d’authentiques singuliers de la poésie verbale et plasticienne.

Immortalité

Auteur d’une trentaine d’ouvrages poétiques publiés tant à Paris, au Luxembourg ou au Québec qu’en Belgique, Yves Namur est né en 1952 dans la ville qui porte son nom, avant d’élire domicile en région carolorégienne. En 1971, il publiait un premier recueil, passé depuis au pilon par sa volonté, ce qui ne l’empêcha pas d’être, trois ans plus tard, le lauréat du prix Lockem décerné par… l’Académie royale de Belgique ! En 2001, devenu un poète très largement apprécié et reconnu à l’international, il devenait un des immortels de l’institution. "Ils avaient peut-être besoin d’un médecin pour entrevoir leur immortalité", vient-il de déclarer non sans humour à Téric Boucebci, directeur de la publication Phoenix (Marseille), qui lui consacre le dossier de son dernier numéro (32).

Le questionnement

Lauréat de nombreux prix littéraires, du Charles Plisnier au Tristan Tzara jusqu’au Mallarmé, signes d’une belle ouverture, Yves Namur est aussi membre de l’Académie européenne de poésie et de l’Académie Mallarmé. Auteur d’anthologies poétiques, éditeur même (Le Taillis Pré), explorateur des rythmes autant que des rimes, il a vu certains de ses textes mis en musique et diffusés en festivals en France. Cette large reconnaissance, il la doit à la qualité de ses écrits, dont Lionel Ray, en préface d’un recueil de choix de poèmes, (Ce que j’ai peut-être fait, 2013, Lettres Vives), estime qu’ils tiennent d’un "rituel du questionnement" et que sa poésie, "toute de tensions et de retenue" relève de "la suggestion, allusive et capable de célébrer, d’un figuier, le don de l’ombre". Et voici le poète désormais en pleine lumière académique.