Un rat dévoreur de livres

Geneviève Simon Publié le - Mis à jour le

Livres - BD

Publié en toute discrétion par Coffee House Press, une petite maison d’édition américaine, "Firmin" est devenu un phénomène de librairie jusqu’en Italie, en Espagne et en Angleterre. Preuve que, loin de tout battage médiatique, il est encore des livres que les lecteurs parviennent à porter aux nues.

Ce premier roman qu’a publié Sam Savage à 65 ans, après avoir été prof, mécanicien, charpentier, pêcheur ou encore imprimeur, est sous-titré "Autobiographie d’un grignoteur de livres". Après Ratatouille et ses ambitions culinaires, par les studios Pixar, voici donc Firmin et son appétit livresque. Né à Boston dans les années 60, le rat élit domicile à "Pembroke Books", une bouquinerie capharnaüm sise dans un quartier guetté par la démolition. Rêveur, souffrant d’hypertrophie lexicale, un brin fataliste, têtu, friand de contact humain, philosophe à ses heures et cinéphile (ah, les petits pornos du "Rialto" ), il nourrit le rêve d’être pris comme apprenti. Mais l’accueil que lui réserve Norman, le libraire, n’est pas celui qu’il attendait. Aussi apprendra-t-il à ses dépens qu’"il y a des fossés qui ne peuvent être comblés" et, dans la foulée, le sens du terme "fiction".

Firmin est ensuite recueilli par Jerry, taciturne et solitaire écrivain de science-fiction, pour qui "il n’y avait pas de meilleur écrivain que Hemingway à part Fitzgerald, et encore, il ne l’avait surpassé qu’une fois". Un mentor qui l’initie aussi au jazz et à l’amitié.

Fable célébrant les livres et prônant le dépassement de la différence, "Firmin" est porté par la ferveur d’un passionné de littérature. Son originalité pâtit, en version française, de paraître après le succès de Ratatouille, ce qui n’était pas le cas aux États-Unis. Entre autres maximes délectables, il lègue celle-ci : "il n’est pas nécessaire de croire aux histoires pour les aimer".

Geneviève Simon

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