Wasterlain, l’enchanteur

Francis Matthys Publié le - Mis à jour le

Livres & BD

Merveilleux : guère d’autre adjectif ne nous vient à l’esprit pour qualifier Marc Wasterlain, le dessinateur/scénariste de "Docteur Poche" et "Jeannette Pointu", séries qui, l’une et l’autre, suscitent un concert d’éloges unanimes. Pur poète dont André Franquin - excusez du peu ! - admirait l’exceptionnel talent, ce rêveur à l’imagination en fleur (né à Erquelinnes le 29 juin 1946, qui vit à Binche et appartient à la belle génération d’un Dany, d’un Walthéry, d’un Fournier) n’en est pas moins un humaniste en phase avec l’actualité. Si épineuse, si peu rose celle-ci soit-elle. Son humanisme imprègne les aventures de la photographe de presse Jeannette Pointu , femme de caractère autant que de cœur, apparue en 1982; souhaitons ardemment que Dupuis en réédite demain les vingt albums sous forme d’"Intégrale". Ses "Jeannette Pointu" permirent à Wasterlain de braquer les feux sur des drames de notre temps - guerres, nature en péril, etc. - tout en offrant des incursions dans le fantastique. Un modèle de prise de conscience pour tout lecteur d’au moins 8 ou 9 ans : recommandons-en donc l’urgente (re)découverte.

En revanche, au-dessus du champ de l’imaginaire, le Docteur Poche déploie ses ailes, depuis 1975. Si Dupuis a naguère entrepris d’en republier les premières aventures de rêve, puisse Casterman s’y mettre à son tour afin que l’on dispose, là aussi, d’une "Intégrale" de cette saga enchanteresse.

Ces jours-ci, double actualité pour l’auteur de "Ratapoil" : un album, une expo. On peut admirer, aux cimaises du Centre belge de la bande dessinée (1), une trentaine de planches du troisième "Pixels", série adorable de fraîcheur, de fantaisie et de vivacité graphique, cocktail dont ce dessinateur semi-réaliste hors pair a le secret. Imperméable aux modes qui se démodent. Les Pixels - dont le premier tome, "Chasseurs de monstres", sortit en janvier 2010 -, ce sont trois ados d’aujourd’hui, qui forment un groupe de rock et vivent des aventures vraisemblables et/ou extraordinaires, teintées d’une gentillesse dénuée de la moindre mièvrerie. Dans ce tome trois, Kévin , Arno et la blonde Zébra (qui les fait naturellement craquer ) retrouvent le professeur Cyclotron (cf. "Les Pixels et les Robots", en 2011) et croisent de mini-créatures jurassic-parkiennes. Enfin, un petit monde qui ne sue pas le sang : bon sang, quel bonheur !

Francis Matthys

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