Le romancier Yann Moix, au centre d'une polémique après avoir reconnu être l'auteur de textes et de dessins antisémites à l'âge de 21 ans, a choisi de "mettre un terme" à la promotion de son dernier roman, a annoncé lundi son éditeur.

"Après s'être exprimé, notamment à l'émission ‘On n'est pas couché’, l'auteur a choisi de renoncer à la promotion de son livre et de se mettre en retrait des médias, a indiqué la maison Grasset dans un communiqué adressé à l'Agence France Presse.

L'écrivain âgé de 51 ans vient de publier "Orléans" où il évoque les sévices qu'il aurait subis durant son enfance. Sa version des faits a été contestée par son père et son frère cadet, qui accuse en fait l'écrivain d'avoir été son bourreau.

A cette polémique familiale et littéraire se sont greffées de graves accusations d'antisémitisme.

Mis en cause par l’hebdomadaire L'Express, le romancier a reconnu avoir dessiné des caricatures antisémites et écrit des textes négationnistes dans une revue étudiante quand il avait 21 ans.

"L’Express" a exhumé plusieurs textes négationnistes écrits par Yann Moix dans sa jeunesse. "A la page 98 de ce manuscrit, on retrouve des passages entiers de textes violemment antisémites qui seront publiés dans “Ushoahia”", écrit le magazine, qui cite notamment cette saillie négationniste : "Chacun sait, ô Marie, que les camps de concentration n’ont jamais existé".

Excuses à BHL

Dans l’un des textes de jeunesse divulgués, Yann Moix qualifie notamment Bernard-Henri Lévy, dont il est devenu proche par la suite, de "youpin dont le crâne n’a hélas pas été rasé par les amis d’Adolf".

Samedi, l’écrivain s’est excusé au cours de l’émission "On n’est pas couché" sur France 2 : "Je demande pardon à Bernard-Henri Lévy, et à tous ceux que j’ai blessés du plus profond de mon être. Pardon pour ces bandes dessinées."

Dans un éditorial publié par Le Point, BHL affirme croire au "repentir" de l’écrivain, qui a demandé "pardon" au philosophe, dont il est proche, pour ses dessins et textes négationnistes parus dans sa jeunesse. Dans ce texte, Bernard-Henri Lévy indique notamment avoir déjà eu, avant l’éclatement de l’affaire, "des explications musclées" avec Yann Moix qui lui a confirmé "la réalité de cette part d’ombre".

"Insinuations diffamatoires"

Ramenant l’affaire sur le terrain familial, l’écrivain a accusé son frère d’avoir "refilé" ses dessins antisémites à "L’Express", en représailles. Sur le plateau de "On n’est pas couché", Yann Moix a soupçonné son frère Alexandre de "continuer à fréquenter" des milieux d'extrême droite : "Il est possible que mon frère ait fourni ces documents à des gens malintentionnés". Avant de préciser ne pas avoir de preuves et qu'il s'agissait de "suppositions".

Contacté par Europe 1, Alexandre Moix envisagerait une riposte judiciaire. "Ses insinuations diffamatoires et injurieuses, selon lesquelles j’appartiendrais à l’extrême droite et j’ourdirais un complot contre lui, sont extrêmement graves. Yann Moix navigue dans un délire paranoïaque le plus total", déclare-t-il. Et d'ajouter : "Je suis indigné par le tort délibéré qu’il nous fait à ma propre famille et à moi-même. Après m’avoir poursuivi de sa haine durant des années, son attitude témoigne cette fois d’une volonté affichée de nuire à l’ensemble des miens, à ma femme et à mes enfants".

D'après Europe 1, Alexandre Moix demande un droit de réponse à France 2 à insérer dans l'émission de samedi prochain. "Il devrait donc y avoir, pendant l'émission, un bandeau rédigé par l'avocat d'Alexandre Moix, Emmanuel Pierrat, avec son client", selon la radio française.