Le nouveau `patron´ d'Arte-Belgique dérange

Le réalisateur Serge Dzwonek a été nommé, dans la discrétion, au poste de `Monsieur RTBF´ de la chaîne culturelle. Une nomination que certains essaient de remettre en cause

P.-F.L.

La question des nominations reste un sujet hautement sensible à la RTBF. A tel point que pour se défaire de l'image d'entreprise politisée, le gouvernement de la Communauté française a adopté peu avant Noël un décret visant à objectiver au maximum certaines nominations.

C'est dans ce contexte de `départicratisation´ que surgit, dans les couloirs de Reyers, une polémique opposant Christian Druitte, administrateur général, et plusieurs membres du personnel. Au centre du litige: la succession de Carine Bratzlavsky, nouvelle responsable de La Deux, à la fonction de coordinateur-producteur d'Arte-Belgique, soit l'interface créée entre la RTBF et l'équipe de la chaîne culturelle européenne.

D'après nos informations, cette succession aurait été réglée dans la plus grande discrétion à la mi-décembre, lorsque Christian Druitte a fait savoir par courrier qu'il avait désigné le réalisateur Serge Dzwonek (surtout actif, nous dit-on, dans la réalisation d'émissions de variétés). Et, le moins qu'on puisse dire, c'est que M. Dzwonek - que nous ne sommes pas parvenus à joindre - ne fait pas l'unanimité, en particulier parmi les producteurs, réalisateurs ou journalistes habitués à travailler dans le cadre de projets coproduits par Arte.

REMISE EN CAUSE?

Dans une lettre du 4 janvier, les responsables CGSP de la RTBF s'étonnent auprès de l'administrateur général de la désignation `sans autre forme de procédure´

de Serge Dzwonek à la tête d'Arte-Belgique. Et le syndicat socialiste d'expliquer que la fonction exige des compétences tout à fait particulières (dont la gestion d'un budget annuel d'environ 450 000 €). `Il nous semble évident qu'un appel à candidatures, avec remise de projets, s'impose plutôt qu'une désignation rapide, sans consultation aucune des acteurs concernés´, soutient la CGSP (pour la petite histoire, M. Dzwonek est représentant du syndicat libéral...).

Il se disait aussi, hier, qu'une série de producteurs-réalisateurs de la RTBF ont pris l'initiative d'écrire à leur tour à l'administrateur général, ainsi qu'aux membres du conseil d'administration, pour faire part de leur mécontentement. A la fois pour des raisons de forme (absence d'appel à candidatures) et de fond (profil spécifique du responsable Arte).

Le sujet sera évoqué dès jeudi lors de la réunion de rentrée du Comité permanent de la RTBF. Avec remise en cause de la nomination de M. Dzwonek à la clé?

© La Libre Belgique 2001


Tout ne va pas si mal... Christian Druitte a souvent la mauvaise habitude d'évoquer les mauvaises nouvelles avant, éventuellement, de parler du bon côté des choses. Mardi, lors de la présentation de ses voeux au personnel, l'administrateur général n'a pas failli à la tradition en insistant sur les difficultés financières de Reyers; faute de marge de manoeuvre en 2002, il a invité ses troupes à apprendre à `partager les outils humains et techniques disponibles´. Druitte-la-rigueur n'est toutefois pas démobilisé - il n'a rien dit de son futur départ - au point de voir tout en noir... Il a ainsi épinglé plusieurs éléments permettant à la RTBF de garder la tête hors de l'eau: amorce d'embellie dans l'affaire RMBI (lire notre précédente édition); instauration d'une nouvelle procédure d'appels à projets (même si toute nouvelle émission devra plus que probablement se faire au détriment d'une émission existante); regain d'audience des chaînes radio de la RTBF (avec une mention particulière pour La Première `coachée´ par Jean-Pierre Hautier); accès - suite à l'accord conclu avec AB 3 - au catalogue de la Warner, ce qui devrait permettre à la RTBF de reprendre pied sur le terrain des grosses productions cinématographiques américaines; etc. Quant à la culture, Christian Druitte attend beaucoup du renouvellement de La Deux, prévu pour le printemps prochain, qui devrait rendre l'offre culturelle ertébéenne plus cohérente. (P.-F.L.)