Monsieur Dico

PAR JACQUES MERCIER

Manger en bruxellois!

Une fois de plus, mais le plaisir est renouvelé, Georges Lebouc nous propose un livre savoureux: «Boire et manger en bruxellois» (Le Cri). Cette fois l'analyse des boissons et de la nourriture sous diverses formes, y compris celle de la linguistique, est agrémentée de recettes authentiques. Nous trouvons également les informations sur les musées ou les confréries (les «chochetés»). Mais tout commence par les noms de rues. Il est édifiant de constater le nombre de rues baptisées de termes alimentaires: rue au Beurre, rue Chair-et-Pain, rue du Poivre, rue Marché-aux-Fromages, rue du Persil, etc. Bien sûr, nous avons les origines du «pain à la grecque» ou du «pain de veau», celle du «chicon» (le witloof, qui possède son musée à Evere) ou du célèbre «spéculoos». Aujourd'hui tout le monde sait que le spéculoos est ce grand biscuit brun représentant des personnages ou des objets. M. Rombouts de la maison Dandoy pense qu'il est né en même temps que la couque de Dinant. A la différence du pain d'épices, on y utilise du sucre candi à la place du miel. Et justement le nom serait né du mot latin «species», épice. Des saynètes et des chansons rendent la lecture du livre encore plus amusante. Ainsi on trouve le texte original de la chanson «Mee Katoon», Marie Coton: «Mee Katoon, Kom merge noon, We zulle ne pintje drinke» (Marie Coton, viens demain midi. Nous boirons un petit verre de bière). Michel de Ghelderode donnera à cette chanson banale bruxelloise ses lettres de noblesse en ponctuant chacune des scènes de son «Mystère de la Passion» d'un vibrant «Mie Katoen», dans cette orthographe possible.

© La Libre Belgique 2006