Ruquier remplace Ardisson avec «son aval»

Quand on m'a appris qu'il fallait que je prépare 3 heures d'émission, j'ai eu ce réflexe: On n'est pas couché ! Il y a aussi un double sens: on n'est pas couché devant l'invité, on ne se plie pas forcément à la règle de la promo.»

CAROLINE GOURDIN
Ruquier remplace Ardisson avec «son aval»
©France2

CORRESPONDANTE À PARIS

Quand on m'a appris qu'il fallait que je prépare 3 heures d'émission, j'ai eu ce réflexe: On n'est pas couché ! Il y a aussi un double sens: on n'est pas couché devant l'invité, on ne se plie pas forcément à la règle de la promo.» Pour son nouveau talk-show de deuxième partie de soirée, Laurent Ruquier assure vouloir garder l'esprit de «Tout le monde en parle», que son pote Thierry Ardisson a dû arrêter, confronté au choix de rester exclusivement sur France Télévisions ou de partir sur Paris Première.

Ruquier intervieweur

«Je ne suis pas sûr que j'aurais repris cette case sans l'aval de Thierry, parce que quand il mord quelqu'un au mollet... Et je serais très flatté si cette émission ressemblait un peu à la sienne, en termes d'image et d'audience», affirme Laurent Ruquier, qui collabore avec la productrice d'Ardisson, Catherine Barma, sur «On a tout essayé» et «On n'est pas couché». «Lorsqu'on a compris qu'il n'y aurait pas d'issue dans cette affaire opposant Thierry et France Télévisions, Catherine m'a dit qu'elle ne voyait que moi pour lui succéder. Je venais d'arrêter «Ça balance à Paris» sur Paris Première pour avoir moins de boulot, mais l'idée m'a excité.»

Pour une fois, Laurent Ruquier ne sera plus seulement le chef de bande, distribuant la parole aux uns et autres. Il interrogera seul un invité et sera le seul animateur de son émission, les chroniqueurs n'intervenant que par intermittence.

Pour les happenings, il s'est entouré de l'humoriste Florence Foresti, qui «viendra faire l'invité qui n'a pas pu venir» et de Jean-Luc Lemoine, qui fera le portrait de l'invité politique. «Il est moins extraverti que Florence, mais c'est un excellent auteur.» Frédéric Martin, présent sur «Le fou du roi» de Stéphane Bern, fera des portraits décalés, tandis qu'Eric Zemmour et Michel Polac mèneront deux débats polémiques.

«J'ai réuni la droite Figaro et la gauche Charlie Hebdo pour débattre autour d'un livre polémique et sur le sujet politique du moment.» Le premier débat portera sur les sans-papiers, avec l'avocat Arno Klarsfeld.

Fidèle à lui-même, Laurent Ruquier commentera l'actualité de la semaine avec une dizaine d'invités de tous horizons. Sa nourriture? La presse, sur laquelle il passe deux bonnes heures chaque matin, cahier en main, en comparant les points de vue. «Mais pour la culture, je suis content de pouvoir me reposer sur Michel Polac. C'est un puits de science, notamment en littérature. D'ailleurs, il est venu à l'émission avec cette exigence: pouvoir présenter son livre coup de coeur.»

Rubriques surprises

L'émission, enregistrée le jeudi soir (comme «Tout le monde en parle»), réserve aussi des surprises, des «petites rubriques avec deux ou trois invités hors promo. Par exemple, il y a un jeu à la fin, dans lequel des questions sont posées aux invités par des animateurs sur base d'une banque de donnée récupérée dans les archives de la télé. Et ce n'est pas toujours celui auquel on pense qui pose la question vache.»

Et pourquoi pas le direct? «D'abord, je n'ai aucune envie d'être le samedi soir à Paris. Le week-end, je voyage, je fais du sport, ou je fais la cuisine pour mes potes à la campagne. Ensuite, je n'ai jamais réussi à trancher entre le direct et l'enregistrement. Parfois, on se lâche beaucoup plus, on va beaucoup plus loin lorsque c'est enregistré, parce qu'on se dit que ce n'est pas grave. Le direct est intéressant parce que les invités ne peuvent pas demander de couper. Mais je ne ferai pas 5 heures d'enregistrement comme Thierry le faisait», conclut Laurent Ruquier.

© La Libre Belgique 2006