Toujours les belgicismes...

Comme lecture de vacances, pourquoi pas celle du "Dictionnaire des belgicismes" de Georges Lebouc ? (Racine) On peut entrer à n'importe quelle page dans le livre et y rester le temps qu'on veut ! Je prends, pour ma part, toujours autant de plaisir à découvrir, par exemple, des mots belges que je ne connais pas ou moins. Parfois parce qu'ils sont d'une autre région et n'ont pas atteint le bout de notre Communauté française, parfois parce qu'ils sont sortis de l'usage. Ainsi le mot "pachacroute", qui désigne un fainéant; le mot "pagnon" qui désigne dans le Borinage une tarte au sucre; le mot d'origine flamande "schacht" (à prononcer "skakt" qui veut dire "bleu, bleusaille" à l'armée.

PAR JACQUES MERCIER

Comme lecture de vacances, pourquoi pas celle du "Dictionnaire des belgicismes" de Georges Lebouc ? (Racine) On peut entrer à n'importe quelle page dans le livre et y rester le temps qu'on veut ! Je prends, pour ma part, toujours autant de plaisir à découvrir, par exemple, des mots belges que je ne connais pas ou moins. Parfois parce qu'ils sont d'une autre région et n'ont pas atteint le bout de notre Communauté française, parfois parce qu'ils sont sortis de l'usage. Ainsi le mot "pachacroute", qui désigne un fainéant; le mot "pagnon" qui désigne dans le Borinage une tarte au sucre; le mot d'origine flamande "schacht" (à prononcer "skakt" qui veut dire "bleu, bleusaille" à l'armée. "Comme c'est un schacht, un bleu / Les Anciens vont se foutre de lui, le malheureux !" trouve-t-on dans le théâtre de Virgile "Cyranotje de Bergerakske"... Au hasard, citons encore le "ronge-coeur" (traduction du bruxellois "hettefretter", bouffeur de coeur), soit un grognon, un pisse-vinaigre, le "kneip", un pain de seigle qui tient son nom allemand du nom de son inventeur, et le "froyon", qui désigne en Wallonie (et c'est presque du dialecte) les irritations entre les cuisses, provoquées surtout par la pratique de l'équitation ou du vélo. On l'écrivait aussi "frayon". Le Littré, explique Lebouc, définissait élégamment "frayon" de la façon suivante : "Nom donné en quelques contrées à l'incommodité à laquelle sont exposés les gens qui vont à cheval sans y être habitués, et qui ainsi se coupent et se meurtrissent."