Le "politiquement correct"

Dans son tout nouveau livre "Parlez-vous le politiquement correct ?" (Racine), Georges Lebouc explique et illustre avec un lexique et de nombreux exemples cette façon d'écrire et de parler qui évite les discriminations et qui couvre tous les domaines.

PAR JACQUES MERCIER

Dans son tout nouveau livre "Parlez-vous le politiquement correct ?" (Racine), Georges Lebouc explique et illustre avec un lexique et de nombreux exemples cette façon d'écrire et de parler qui évite les discriminations et qui couvre tous les domaines.

Ce n'est pas, dit-il, un phénomène de mode, car on peut faire remonter la chose à la Préciosité (ridicule) de l'époque de Molière, où le cerveau se nommait "le sublime" et le miroir se disait "le conseiller des grâces" ! Au hasard de ce petit volume instructif et amusant, je note que des expressions encore utilisées aujourd'hui s'employaient déjà à l'époque de Louis XIV, ainsi "les bras m'en tombent" ou "briller dans la conversation".

Cette phrase extraite du "Grand dictionnaire des précieuses" de Somaize vaut son pesant d'or : "Une pensée ne vaut rien lorsqu'elle est entendue et comprise par tout le monde." Cela indique bien l'origine cette fois de la célèbre langue de bois politique ou du jargon utilisé par certains pour marquer leur supériorité et garder le pouvoir. Et pour la politique justement, cette superbe réflexion de Bismarck : "En politique, il ne faut jamais hésiter à prendre le droit chemin, on n'y rencontre jamais personne !"

En conclusion, Georges Lebouc écrit : "L'indulgence pourrait aussi attribuer l'usage du politiquement correct à la pudeur ou à la pitié. Nous préférons la thèse de l'hypocrisie. Notre société, plus que toute autre, voile ce qui la gêne : mort, maladie, pauvreté, voire sexe. C'est là une attitude malsaine, et qui donne bonne conscience à bon marché. Il nous semble préférable de voir les choses en face et donc de les nommer."