Nouvelle incursion chez Maupassant

Le regard est toujours aussi féroce. Le propos toujours aussi intemporel. Après le succès de la première collection "Chez Maupassant" diffusée en 2007, France 2 programme dès ce mardi et pour quatre soirées une deuxième série de quatre nouvelles et autant de contes adaptés de l'oeuvre de Guy de Maupassant.

Le regard est toujours aussi féroce. Le propos toujours aussi intemporel. Après le succès de la première collection "Chez Maupassant" diffusée en 2007, France 2 programme dès ce mardi et pour quatre soirées une deuxième série de quatre nouvelles et autant de contes adaptés de l'oeuvre de Guy de Maupassant. Produite par Gérard Jourd'hui et Gaëlle Girre, elle met davantage l'accent sur les moeurs de la bourgeoisie du XIXe siècle que sur les drames campagnards.

La première nouvelle diffusée ce soir, Le Rosier de Madame Husson ** (20h50), met en scène une bigote (Marie-Anne Chazel) qui rêve de dénicher, pour la petite ville de Gisors, une rosière (la jeune fille la plus vertueuse), afin d'obtenir une indulgence et sa place au paradis. Faute de rosière, elle trouve un rosier, Isidore, le naïf du village et fils de la fruitière. Derrière l'humilité feinte, l'orgueil de Madame Husson y est formidablement dépeint et incarné par Marie-Anne Chazel. Le conte qui suit, L'Ami Joseph ê ê (21h50), permet à Régis Laspalès de jouer un républicain sans gêne, Joseph Mouradour, qui débarque chez des amis monarchistes et tente de leur imposer ses idées, au point de les faire fuir de chez eux.

Cruauté et amour

Claude Chabrol, qui a réalisé l'an dernier "La Parure", a choisi de son côté de réaliser Le Petit fût *** (11/3). "C'est le premier conte de Maupassant que j'ai lu à l'âge de sept ans, et qui m'a donné envie de découvrir son oeuvre. J'aime sa cruauté totale et son amour profond de la nature humaine. Il reconnaît les pires défauts et les accepte", confie le réalisateur. Il met en scène l'histoire d'une vieille femme (Tsilla Chelton) roulée par l'aubergiste (François Berléand) qui lui rachète sa ferme en viager. "C'est un conte très court, enrichi de ses virgules. J'ai essayé de montrer ce qu'il y avait dedans. Mais sur trente minutes, il a fallu dégraisser au maximum, tout en évitant la sécheresse. Et là, je compte sur les interprètes."

Il y a par ailleurs beaucoup d'humour dans ces contes et nouvelles, souvent grinçant, généralement au second degré. "Tout le monde en prend pour son grade. Maupassant est un grand peintre des travers de son époque", acquiesce Thierry Frémont, qui interprète un notaire de province se prenant pour un artiste dans Une soirée ** (18/3). "Aux champs", "Ce cochon de Morin", "La Chambre 11" et "Au bord du lit" demeurent dans cette veine.

C.G., à Paris