La soubrette

M elle Marie-Odile d'Etterbeek nous demande d'où peut venir le mot "soubrette", moins utilisé aujourd'hui, encore que... Tout au début, on trouve le mot latin "superare" et l'ancien provençal "sobrar" signifiant "être de trop, surpasser". Ensuite apparaît "soubra", laisser de côté. Enfin, toujours en provençal, "soubreto", féminin de "soubret", affecté, qui fait le difficile. En 1630, le mot français "soubrette" naît. Dès le XVIIe siècle le mot désigne une femme de chambre délurée. Ainsi Balzac écrit dans "Splendeurs et misères des courtisanes" : "Donnez une dizaine de mille francs à la soubrette, elle vous cachera dans la chambre à coucher de sa maîtresse." Mais cela désigne aussi, dans l'usage littéraire, une servante de comédie. On parle ainsi des soubrettes de Molière, de Regnard, de Marivaux, etc. "Une soubrette est à vrai dire le grain de sel, mica salis, et le piment des comédies." (Théophile Gautier "Le Capitaine Fracasse") Le mot a vieilli et ne s'emploie plus que par évocation du passé ou de façon ironique (mais aussi, si j'en crois certains articles du Net, pour des jeux érotiques). L'écrivain français Octave Mirbeau (1848-1917), qui fut en quelque sorte la soubrette version masculine d'un Maréchal durant quinze ans, en étant son secrétaire particulier, son nègre en littérature et son domestique, a écrit "Le Journal d'une femme de chambre". C'est le journal intime de Célestine, soubrette qui évolue au sein de différents foyers et note sur son cahier les comportements plus ou moins étranges de ses employeurs.

PAR JACQUES MERCIER

M elle Marie-Odile d'Etterbeek nous demande d'où peut venir le mot "soubrette", moins utilisé aujourd'hui, encore que... Tout au début, on trouve le mot latin "superare" et l'ancien provençal "sobrar" signifiant "être de trop, surpasser". Ensuite apparaît "soubra", laisser de côté. Enfin, toujours en provençal, "soubreto", féminin de "soubret", affecté, qui fait le difficile. En 1630, le mot français "soubrette" naît. Dès le XVIIe siècle le mot désigne une femme de chambre délurée. Ainsi Balzac écrit dans "Splendeurs et misères des courtisanes" : "Donnez une dizaine de mille francs à la soubrette, elle vous cachera dans la chambre à coucher de sa maîtresse." Mais cela désigne aussi, dans l'usage littéraire, une servante de comédie. On parle ainsi des soubrettes de Molière, de Regnard, de Marivaux, etc. "Une soubrette est à vrai dire le grain de sel, mica salis, et le piment des comédies." (Théophile Gautier "Le Capitaine Fracasse") Le mot a vieilli et ne s'emploie plus que par évocation du passé ou de façon ironique (mais aussi, si j'en crois certains articles du Net, pour des jeux érotiques). L'écrivain français Octave Mirbeau (1848-1917), qui fut en quelque sorte la soubrette version masculine d'un Maréchal durant quinze ans, en étant son secrétaire particulier, son nègre en littérature et son domestique, a écrit "Le Journal d'une femme de chambre". C'est le journal intime de Célestine, soubrette qui évolue au sein de différents foyers et note sur son cahier les comportements plus ou moins étranges de ses employeurs.