L'Eglise belge pas assez transparente?

L'Eglise catholique belge reçoit trop de fonds publics ! C'est "Questions à la une" *** qui l'affirme après s'être intéressé au financement des cultes en Belgique à côté d'un reportage sur le tourisme religieux qui ferait les choux gras du Vatican.

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© Devoghel
Christian Laporte

L'Eglise catholique belge reçoit trop de fonds publics ! C'est Questions à la une *** (La une, 20 h 15) qui l'affirme après s'être intéressé au financement des cultes en Belgique à côté d'un reportage sur le tourisme religieux qui ferait les choux gras du Vatican. Autant savoir : Alain Dremière, qui a investigué sur les 237 millions d'euros versés au principal culte présent chez nous, n'a pas fait dans la dentelle dont on fait les beaux surplis romains... En soi, les chiffres alignés sont peu contestables. Ainsi lorsqu'il évoque la pratique, tombée sous les 10 pc, ou la proportion de Belges francophones qui se définissent comme "catholiques", qui tourne autour des 45 pc comme l'a montré notre récent Baromètre du religieux. Néanmoins, lorsque notre confrère de la RTBF dit que la clé de la répartition du financement remonte à la naissance de la Belgique, il ne violente pas la vérité, mais cela manque de nuances. Et l'analyse qui a toute sa raison d'être après la mise au frigo du "rapport des Sages" réalisé sous Verhofstadt... II perd dès lors de sa pertinence.

Sur la pratique, Alain Dremière a tenté d'en savoir plus en contactant Mgr Léonard, qui s'était réjoui que cela faisait quand même un Belge sur dix. Mais l'évêque n'a pas voulu s'exprimer face à une caméra pour l'expliciter. De fait, si on renvoie toujours au Baromètre, il n'y a plus qu'un "noyau dur" de pratiquants hebdomadaires, mais cela n'empêche pas les catholiques de vivre autrement leurs convictions. Par exemple, lors des grands moments rituels ou lors des fêtes carillonnées mais plus encore dans leurs gestes les plus quotidiens...

Faute de cet éclairage anthropologique, Dremière s'est "branché" sur le financement des curés et des bâtiments d'Eglise. Un volet didactique, dont il ressort que les prêtres chargés de plusieurs paroisses peuvent recevoir jusqu'à un traitement et demi lorsque leur champ d'action devient important.

L'exemple d'un prêtre tournaisien qui dit trois messes en trois heures dans autant de paroisses est fort éclairant. Tout comme l'est l'approche des fabriques d'église. Mais ici, l'on pourrait reprocher à notre confrère de ne pas être allé plus loin ! Il semble accréditer l'idée que les fabriques d'église seraient liées pieds et poings aux paroisses. Et donc pas toujours très strictes dans le contrôle des budgets. Il apparaît au contraire, sur base d'un coup de sonde dans le Brabant wallon, que dans un nombre croissant de communes, les autorités locales sont hyperattentives aux budgets, y compris dans les communes dirigées par le CDH... Ce ne sont donc plus les seuls collèges communaux laïques qui veillent à l'orthodoxie budgétaire des fabriques. On ajoutera que les membres des fabriques font souvent preuve d'une rigueur et d'une honnêté irréprochables qui les opposent parfois aux équipes paroissiales... En cela, une fusion des fabriques par communes pourrait assurer plus de transparence. Et diminuer les discordances entre fabriques de paroisses riches et de paroisses pauvres...