Hadja Lahbib, "sans bons sentiments" !

Je ne veux pas faire dans les bons sentiments ni donner de leçons", souligne Hadja Lahbib, qui présente "Retourne dans ton pays" (pour la première fois aux côtés de Jean-Louis Lahaye), en prime time et en direct du Cirque royal, ce soir dès 20h20.

Au.M.
Hadja Lahbib, "sans bons sentiments" !
©Alexis Haulot

Je ne veux pas faire dans les bons sentiments ni donner de leçons", souligne Hadja Lahbib, qui présente "Retourne dans ton pays" (pour la première fois aux côtés de Jean-Louis Lahaye), en prime time et en direct du Cirque royal, ce soir dès 20h20 (voir "Momento" des 13 et 14/11).

Une soirée (également relayée sur les télévisions finlandaise, maltaise et turque) qui prend place dans le cadre du "Diversity show 2010", organisé tous les deux ans, à l’initiative des télévisions publiques européennes et de l’UER. Après l’ARD et la ZDF allemandes, France Télévisions, et la NOS des Pays-Bas, c’est donc au tour de la RTBF, en collaboration avec l’UER, d’organiser la manifestation culturelle. "C’est l’administrateur général, Jean-Paul Philippot, également président de l’UER, qui a pris la main. Ensuite, il m’a contactée pour préparer le concept."

A la question "Pourquoi un titre aussi provocateur ?", la présentatrice répliquer gaiement et du tac-au-tac : "Et pourquoi pas ? C’est vrai, qui ne l’a jamais pensé ou même dit ? Qui n’en a jamais fait les frais ? J’ai eu beaucoup de chance, je n’ai entendu qu’une fois cette phrase. Je crois que j’avais une vingtaine d’années quand on a dû me dire quelque chose comme "sale arabe, rentre chez toi". J’étais déjà assez âgée pour comprendre, mais c’est tout de même bouleversant à entendre ! Et surtout, c’est celui qui en fait les frais qui a honte ! Avec cette émission, je veux que celui qui l’a dit ou pensé se sente à son tour ridicule."

Au menu de cette soirée ? Un tour du monde de la diversité culturelle à la télévision : "J’ai supervisé quantité de reportages dans le monde grâce à nos correspondants et surtout, j’ai lu la presse autrement pour voir ce qui se faisait de mieux." Et pour tordre le cou aux préjugés, des intrigues "originales" permettront de cerner les clichés véhiculés par les médias : "On verra vingt secondes d’images puis on devra deviner de qui ou de quel pays il s’agit. Et là, les gens vont être surpris."

Une thématique bien différente de celle du colloque qui se tiendra ce jeudi : "Nous faisons ici le pari de l’information et du divertissement ("infotainment"). On s’est dit : arrêtons de penser et de débattre et faisons-le." En plus des invités annoncés, les "Barons", Julien Courbet, Dani Klein, Noa et Mira Awad prêteront également leur voix.

La une mise sur un show à l’américaine avec, néanmoins, des capacités financières limitées. "Avec la crise, nous travaillons avec des bouts de chandelle. Pour vous donner un aperçu, le budget de ce prime n’a pas coûté un dixième des petites émissions de divertissement de France 2. Sans nos donateurs (Communauté française, Commission européenne et Présidence belge de l’Union), la RTBF n’y serait jamais arrivée."

C’est l’occasion pour la chaîne de répondre à ses missions de service public, et notamment celle prévoyant une composition et une programmation représentatives de la pluralité culturelle. "Ecoutez les noms des habitants de la maison RTBF et vous verrez que la diversité culturelle est déjà ici toute naturelle. Je ne crois pas aux quotas ou à la discrimination positive. Ce qui doit primer, c’est la compétence."

Dans un avenir proche, la présentatrice, réalisatrice, journaliste et auteur n’annonce aucun projet particulier : "J’ai été toute seule pour préparer cette émission pendant un an. C’est seulement depuis septembre que nous sommes deux et depuis deux semaines que nous sommes une petite équipe. Et puis les gens ont tendance à oublier que j’ai ma propre émission ("Quai des Belges" sur Arte Belgique). C’est déjà beaucoup de boulot."