Brève

Documentaire. Arte, 22 h 10.

*Made in Hollywood

Documentaire. Arte, 22 h 10.

Les pérégrinations d’Anne Feinsilber à Los Angeles, dans les coffee-shops, les laveries, ou les spots de jogging servent de toile de fond à une enquête sur les blockbusters et le rêve hollywoodien. Dans ce microcosme, tout semble tourner autour de l’industrie du cinéma et tout le monde dit, ou croit, y travailler. Il n’est pas rare de croiser aux terrasses des scénaristes passionnés qui enfilent les projets sans parfois jamais avoir été produits : 80 % des propositions sont refusées !

Jamais une caméra n’est acceptée en coulisses. Les réalisateurs, les acteurs ne disent mot, et le secret se répand jusqu’aux figurants aux abords d’un tournage. Que cache ce silence, cette paranoïa ? On ne le saura pas vraiment à l’issue du visionnage de "Made in Hollywood", un documentaire inabouti qui propose néanmoins une réflexion juste sur l’évolution de l’industrie du cinéma aux Etats-Unis, une des plus lucratives à l’exportation.

Malgré les refus et les portes fermées, la réalisatrice est tout de même parvenue à rencontrer les (ex-) producteurs des grands studios : Warner, Walt Disney Studios, 20th Century Fox Ils nous livrent quelques clés de fabrication des blockbusters, ces films qui font exploser le box-office, et qui, après avoir dominé le marché depuis les années 1970 et le succès des "Dents de la mer" et de "Star Wars", l’écrasent. Car les studios misent de plus en plus d’argent sur de moins en moins de films. Chaque sortie est un coup de poker, 80 % des entrées étant enregistrées le premier week-end qui suit la sortie en salles Mais il demeure des recettes. Le film doit viser tous les publics, privilégier l’histoire, quels que soient les acteurs ou le réalisateur, miser sur le mythe, etc. Dans cette optique, les coûts marketing ont atteint des sommets (57 millions de dollars en moyenne).

Une petite séquence avec le PDG de Trailor Park autour de la bande-annonce de "La Guerre des mondes" de Spielberg nous rappelle que la clé réside dans la manière dont le film va être vendu, quelle que soit sa qualité Du coup, les "films du milieu", qui dépendent de la qualité de la réalisation ou de l’originalité du propos, ont de plus en plus de mal à trouver leur place sur le marché.

A noter que ce documentaire sera également diffusé le 18 mai à 22 h sur La une.

C. G.