Skins Parties: sexe, alcool et drogue

Créée en 2007 en Grande-Bretagne, la série "Skins" est devenue un phénomène de société, beaucoup d’ados se reconnaissant dans le portrait cru de cette jeunesse débridée.

H. H.
Skins Parties: sexe, alcool et drogue
©RTBF

Créée en 2007 en Grande-Bretagne, la série "Skins" est devenue un phénomène de société, beaucoup d’ados se reconnaissant dans le portrait cru de cette jeunesse débridée. A Londres, Paris et un peu partout, s’organisent des soirées "Skins", annoncées sur les réseaux sociaux par l’acronyme "SAD" pour "sexe, alcool, drogue" ou par des formules marketing chocs : "Consommation à en crever" - "Libido à profusion".

Dans leur documentaire, réalisé en 2010, Virginie Roels et Sophie Bonnet partent à la rencontre de ces gamins et ces gamines qui, le temps d’une soirée, repoussent leurs limites. A 17 ans, Kim est une habituée de ces "Skins Parties" et de leurs slogans accrocheurs. "Ça attire vachement. On va vivre une soirée pas comme les autres. j’avais envie de découvrir ce genre d’ambiance", explique-t-elle, habillée dans une tenue très légère qu’elle cachera à ses parents avant de rejoindre une soirée parisienne. Dans la salle, les corps s’enlacent sur une musique tonitruante -une "backroom" sombre et garnie de coussins est même prévue pour ceux qui voudraient aller plus loin Près des toilettes, les dealers vendent au vu et au su de tous les drogues les plus diverses : cannabis, coke, ecstasy Dehors, une jeune fille est couchée par terre

Le but de ce documentaire, très intéressant, mais parfois un peu sensationnaliste, n’est heureusement pas de juger ces comportements, mais d’en rendre compte. En multipliant parfois, de façon un peu trop voyeuriste, les témoignages redondants, les caméras cachées, les visages floutés. Les auteurs s’intéressent également aux organisateurs de ces soirées, souvent très jeunes et irresponsables. Inconscients des risques qu’ils prennent vis-à-vis des mineurs qui parviennent toujours à se glisser dans ces rendez-vous de débauche. Plus grave, cette agence qui propose d’aider ces gamins à organiser leurs orgies en partageant les bénéfices à 50/50... mais pas les responsabilités.

Les auteures ont également fait appel à un urgentiste, un médecin ou un psychologue pour tenter de comprendre ce qui pousse les adolescents à perdre ainsi tout contrôle. Dommage que cet angle d’attaque n’ait pas été davantage creusé. Car, au-delà du simple constat, c’est bien là la vraie question. Ces comportements ne trahissent évidemment pas une joie de vivre, mais au contraire un mal-être. Un sentiment de vide existentiel, d’absence de repères moraux et sociaux, qu’ils tentent de remplir en plongeant dans la surconsommation. Des enfants de leur époque sans aucun doute.