Sarkozy - Hollande: les points clés du débat

D'emblée, un François Hollande offensif critique le bilan du président sortant: chômage, compétitivité détériorée, note dégradée. Nicolas Sarkozy veut lui faire émerger la vérité pour que les indécis se fassent leur idée. Pouvoir d'achat, crise de la dette et déficit, petit tour d'horizon des points évoqués.

Sarkozy - Hollande: les points clés du débat
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C.Gri et L.Lam

Le président sortant, Nicolas Sarkozy, et le candidat socialiste, François Hollande, se livrent une joute verbale intense. Pouvoir d'achat, crise de la dette et déficit, petit tour d'horizon des points évoqués.

La crise de la zone euro

Hollande: "Cela fait près de trois ans que la crise de la zone euro est ouverte. Bien sûr, elle nécessite de réduire le déficit mais il faut aussi se concentrer sur la croissance. Les politiques d'austérité en Espagne, en Grèce ou en Italie n'ont rien donné"

Il propose donc:

1: La création d'euro-bonds pour financer des projets d'infrastructure.

2: Mobiliser la Banque européenne d'investissement pour financer l'innovation, la recherche...

3: L'adoption de la taxe européenne sur les transactions financières.

4 : Réformer la banque centrale européenne (BCE) car actuellement elle prête aux banques à 1% tandis que les banques prêtent ou ne prêtent pas aux pays à des taux élevés.

Hollande propose également la renégociation du traité européen pour intégrer la croissance. "Depuis que j'ai fait cette proposition, les mentalités ont changé dans plusieurs capitales européennes", se félicite François Hollande.

Nicolas Sarkozy constate lui que la France emprunte à moins de 3% alors que l'Espagne emprunte à un taux d'intérêt deux fois plus important. C'est donc la preuve que la France garde de la crédibilité aux yeux des investisseurs malgré la baisse de sa note.

Il rejette néanmoins le fait que la croissance ne doive se substituer à la réduction du déficit. L'Espagne n'a pas respecté son plan de réduction de déficit, contrairement à la France, et ses taux d'emprunt ont explosé.

"Nous avons créé la taxe financière en France et la mobilisation des fonds structurels est prévue par l'Europe, ajoute Sarkozy. Monsieur Hollande invente le fil à couper le beurre".

Nicolas Sarkozy s'oppose à Hollande sur la création d'euro-bonds. Il ne veut pas que la France et l'Allemagne financent la dette des autres. Il remet ensuite son costume d'homme d'expérience en signifiant que Hollande n'aurait pas fait mieux à sa place. "Vous croyez qu'on arrive avec son joli costume et qu'on règle tout d'un coup de baguette magique alors qu'il y a 27 pays qui décident", explique-t-il.

"Hollande ne connaît pas l'Europe, il ne suffit pas de taper du poing, il faut s'entendre et faire des compromis. Partout où vos amis étaient au pouvoir (Espagne, Grèce), l'austérité a été grande", poursuit Nicolas Sarkozy.

"L'Italie a été gouvernée par le conservateur Silvio Berlusconi alors que Georges Papandréou a hérité de la gestion des conservateurs grecques", se défend François Hollande. Dialogue de sourd ensuite: "Berlusconi n'est pas mon ami", déclare François Hollande. "Ah bon, Berlusconi ne fait pas partie du parti populaire européen", ironise Hollande.

Le pouvoir d'achat

Hollande: le candidat socialiste propose que le salaire minimum soit lié à la croissance économique et à l'inflation. Il veut également bloquer les prix de l'énergie (carburant, gaz, électricité) jusqu'à un certain niveau de consommation.

Sarkozy: C'est démagogique de vouloir bloquer le prix du pétrole, estime le président sortant car ça va coûter cher au contribuable. Ce à quoi lui répond le candidat socialiste que quand le prix du carburant augmente, les recettes fiscales augmentent. L'Etat ne captera donc pas cette augmentation fiscale, estime le candidat socialiste. Nicolas Sarkozy estime lui que la mesure pour augmenter le SMIC ne touche que 15% des travailleurs et qu'il ne faut pas laisser les autres de côté.

Dette et déficit

« La dette publique a doublé depuis 2002. Voilà la responsabilité d’une équipe sortante depuis 10 ans ! » entame François Hollande. « Dès que les Français vous ont choisi en 2007, vous avez demandé à l’eurogroupe de ne pas respecter le pacte de stabilité pour pouvoir faire des cadeaux fiscaux aux riches. Cette dette publique est née de vos largesses fiscales aux plus favorisés » Comment réduire la dette ?

« 40 milliards de prélèvements supplémentaires et 50 milliards d’économies » au programme de François Hollande, qui propose notamment le rétablissement de l’impôt sur la fortune. Nicolas Sarkozy rétorque, comme depuis le départ du débat, en affirmant que les chiffres de François Hollande ne sont pas corrects. Et Hollande de confirmer ses chiffres …

« Vous promettez des économies ? Ah bon ? Nous avons supprimé 160.000 postes de fonctionnaires et vous, vous proposez de créer 61.000 postes supplémentaires » assène Nicolas Sarkozy. « Quel père la vertu vous faîtes ! Vous allez allonger les cotisations des salariés et miner leur pouvoir d’achat et renforcer la délocalisation »

Un début de débat offensif

L’état d’esprit des candidats ? Voilà l’objet de la première question de Laurence Ferrari. Et on peut dire que la réponse est sans appel : un état d’esprit de combattant dans le chef des deux protagonistes. Il n’aura pas fallu plus de quelques minutes pour que le ton monte entre François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Sarkozy n’entend pas se faire reprocher l’ensemble des problèmes de la France : « Je ne peux pas être le seul responsable ! » assène-t-il avant d’enchaîner, à titre plus personnel : « Quand certains de vos amis me traitent de Maddoff, de Franco, etc … et que vous ne les dénoncez pas, c’est que vous les acceptez » François Hollande lui répond : « Vous aurez du mal à vous faire passer pour une victime Mr Sarkozy ! J’ai été surnommé des pires des manières. (…) Vous voulez vous faire passer pour une victime mais ce sont les Français qui ont surtout été les victimes de votre politique ». Nicolas Sarkozy lui répond :

« On a pas besoin d’ajouter l’outrance et le mensonge à la crise » Quelques belles passes d’armes avant même d’entrer dans le vif du sujet. Les deux candidats sont particulièrement en forme.

D'emblée, le candidat socialiste critique le bilan du président sortant: chômage qui augmente d'1 millions de personnes, compétitivité qui baisse. Nicolas Sarkozy veut lui faire émerger la vérité pour que les indécis puissent se faire leur idée.

Quand François Hollande critique la scission et l'opposition entre les Français, Sarkozy lui répond qu'il n'y a pas eu d'émeutes malgré les réformes réalisées.


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