France 2 aborde "notre relation à l’homosexualité"

Le droit au mariage et à l’adoption pour tous les couples" constituait l’engagement 31 des promesses de François Hollande durant la campagne présidentielle. Dans le cadre du débat sur le mariage gay en France, Benoît Duquesne, concepteur et présentateur de Complément d’enquête, apporte sa contribution.

Virginie Roussel

Débat Entretien Correspondante à Paris

Le droit au mariage et à l’adoption pour tous les couples" constituait l’engagement 31 des promesses de François Hollande durant la campagne présidentielle. Dans le cadre du débat sur le mariage gay en France, Benoît Duquesne, concepteur et présentateur de Complément d’enquête, apporte sa contribution.

Quel angle avez-vous choisi ?

On braque les projecteurs sur la condition homosexuelle dont on dit qu’elle est bien tolérée. Et l’on se demandera si elle l’est aussi bien qu’on le dit. On parlera de l’ostracisation des gays à travers le monde, pas seulement en France.

On diffuse un très beau reportage tourné au Cap, en Afrique du Sud. C’est le premier pays du continent noir à avoir légalisé le mariage gay et l’adoption. Mais l’on y pratique les "viols correctifs" pour des femmes lesbiennes, afin de les "remettre sur le droit chemin".

Un deuxième reportage, aux Etats-Unis, montre une école devenue une sorte de refuge pour des jeunes ostracisés à cause de leurs différences, leur poids ou leur homosexualité. Enfin, un troisième reportage traite de l’homosexualité dans l’Eglise qui reste interdite ou tolérée à condition qu’elle ne soit pas pratiquée. Différents portraits d’homosexuels sont dressés. Ceux qui pratiquent l’abstinence comme cette personne qui a choisi de renoncer à sa sexualité et qui est reçue par le diocèse pour parler de son expérience personnelle. Ceux qui veulent faire évoluer l’Eglise car ils sont homosexuels, en couple et veulent continuer à vivre leur foi dans l’Eglise.

Quels invités avez-vous choisis ?

On doit en reparler tout à l’heure, car j’ai un peu cassé le plateau avant-hier. Nous étions trop focalisés sur le débat "pour ou contre le mariage gay". Là-dessus, on a beaucoup entendu de choses. J’ai envie de recentrer sur des personnalités et leur histoire. On pense à Frigide Barjot , qui a mené la grande manifestation à Paris pour montrer qu’il ne fallait pas faire l’amalgame entre être contre le mariage gay et être homophobe. L’écrivain Eric-Emmanuel Schmidt, qui est homosexuel, est aussi pressenti, ainsi que Louis-Georges Tin, président du Cran (Conseil représentatif des associations noires), qui s’est lancé dans une croisade contre l’homophobie. D’autres invités sont dans les tuyaux, tel que Christian Flavigny, psychanalyste et pédopsychiatre, sous réserve. Nous ne voulons pas refaire une émission de plus sur le mariage gay, même si c’est sous-jacent. C’est pour nous l’occasion de nous interroger sur notre relation à l’homosexualité.

Vous interrogerez-vous sur la question de l’altérité à laquelle un couple homosexuel n’est pas confronté du fait que les deux individus appartiennent au même sexe ?

Vous me soufflez cette question Je la poserai peut-être à nos invités.

Expliquerez-vous ce qui a poussé Barack Obama à se prononcer en faveur du mariage gay dans une société aussi puritaine que celle des Etats-Unis ?

Pourquoi pas, mais on n’a qu’une heure ! Il faut être assez réducteur et pointu dans les angles, sinon on s’éparpille. Ce sera une pierre à l’édifice différente, qui fera réfléchir. En tout cas, on fera en sorte !