Racisme et liberté d'expression, où est la frontière ?

La question était au centre de l'émission Mise au Point, ce dimanche, suite aux propos tenus par Luc Trullemans. Le débat, peu structuré, était particulièrement tendu entre Denis Ducarme et Mischaël Modrikamen.

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Racisme et liberté d'expression, où est la frontière ?
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A la suite de l'affaire Trullemans, le débat politique dominical de Mise au Point était centré sur la question : Racisme et liberté d'expression, où est la frontière ?

Pour en parler, les présentateurs de la RTBF avaient rassemblé autour de la table Mischaël Modrikamen, avocat de Luc Trullemans et président du Parti Populaire ; Denis Ducarme, député MR ; Jean-Claude Defossé, député écolo et ex-journaliste spécialisé sur les questions de l'extrême droite ; et Philippe Moureaux, député et ancien bourgmestre socialiste de Molenbeek. Etaient aussi invités sur le plateau des spécialistes des nouveaux médias, tels Alain Gerlache, journaliste à la RTBF et Carine Doutrelepont, avocate spécialisée des nouveaux médias et professeur à l'UCL. Enfin, le président de Muslim Rights Belgium, ainsi qu'Edouard Delruelle, président adjoint du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, avaient répondu à l'invitation.

Alors racistes ou pas les propos de Luc Trullemans ? Maitre Modrikamen a ouvert le bal en répétant que les propos de M. Météo "ne s'apparentent pas à du racisme, ni n'incitent à la haine". Il s'agit pour son avocat, et président du Parti populaire, d'un "discours politique", ni plus ni moins.

Pour les autres invités par contre, ces propos relèvent du racisme. Jean Claude Defossé a dénoncé la "généralisation" de M. Trullemans en parlant d'"Arabes". Un point de vue partagé par l'association Muslim Rights Belgium. De plus, a ajouté Jean Claude Defossé à l'attention de M. Modrikamen : "Il a pris un avocat comme vous, admirateur de Madame le Pen, ce qui veut tout dire...". Denis Ducarme s'est aussi permis cette comparaison, qualifiant à plusieurs reprises le président du Parti Populaire de "petit cousin de Le Pen" lors de leurs échanges à couteaux tirés. Le député a aussi rappelé que "la liberté d'expression comprenait le respect du droit d'autrui". "Oui, on peut critiquer les religions", a-t-il affirmé, "mais sans faire d'amalgames ou de généralisations". Il a également rappelé que M. Trullemans était une personnalité publique qui se devait donc de prendre garde à ses propos,"même choqué, ému, énervé".

Le débat - très dispersé et s'apparentant davantage à un rappel des faits - se situait donc principalement autour de la liberté d'expression, un terrain "symbolique" plus que juridique. Alain Gerlache, pour conclure, a rappelé l'importance de "mener des débats sereins". Peu d'éléments présageant la suite des événements ne sont sortis des discussions. Alors qu'Edouard Delruelle a répété que "l'histoire Trullemans était clôturée à partir du moment où RTL avait licencié son collaborateur", le MRAX a annoncé ce matin avoir déposé une plainte à l'encontre du météorologue pour propos racistes et incitation à la haine. Mischaël Modrikamen a, lui, soutenu :"L'affaire Trullemans ne fait que commencer".

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