GTA V, c'est énorme !

C'est l'événement vidéoludique (et commercial dans le domaine culturel) de l'année. A tout point de vue, Grand Theft Auto est tout simplement énorme !

GTA V, c'est énorme !
©BELGA
ALEXIS CARANTONIS

Ce mardi matin, des dizaines de millions de joueurs s’adonneront à un rituel qui n’arrive que tous les cinq ans : l’insertion, pour la première de très longues heures, de la galette du nouveau Grand Theft Auto, en l’occurrence GTA V, comme l'annoncent nos confères de La Dernière Heure. 

Profanes ou érudits, tous doivent bien saisir l’événement que représente cette sortie. On n’ira pas jusqu’à dire qu’il surpasse la double sortie Xbox One-PS4. Mais il est à un fifrelin de rivaliser avec. GTA V se positionne déjà comme le bien culturel qui sera le plus vendu en 2014…

Rockstar, studio béni et décomplexé qui ose GTA depuis 1997, et a écoulé 130 millions d’exemplaires depuis en seize titres (dont quatre extensions), a mis la gomme pour offrir à l’actuelle génération de consoles son titre testament, son ultime baroud d’honneur. Plus de 300 développeurs de chez Rockstar North ont bossé, en quasi-exclusivité, cinq ans durant, sur GTA V. Le budget est James Cameronien : 260 millions de dollars, marketing inclus. Pas loin du triple de GTA IV…

Disponible officiellement dès ce mardi matin, GTA V – qui n’aura pas manqué de s’écouler plus tôt sous le manteau, dans l’arrière- cour des revendeurs – devrait se vendre à quelque 25 millions d’exemplaires… la première année et défoncer le record de ventes sur la première journée de commercialisation (500.000 $), médaille que Call of Duty Black Ops 2 épingle jusqu’ici fièrement à sa jaquette.

Le contexte planté, attaquons désormais la belle pièce. Que vaut GTA V ? Après une installation longuette (faut bien ça pour amenuiser les temps de chargement par la suite), on va faire court : la claque est aussi énorme qu’annoncé. Si pas plus.

1. Énorme, déjà, par la superficie du titre : 50 km2 de représentation relativement fidèle de Los Angeles, qui s’appelle ici Los Santos (Liberty City évoque, elle, New York). Jamais un jeu n’avait laissé autant de place à ses joueurs (et on ne compte même pas les fonds marins !). C’est 3,5 fois la déjà immense map deRed Dead Redemption (le dernier GTA-like vraiment excellent en date). Une immensité qui se ressent dans les temps de trajet, comme les environnements. Il y a certes la ville, ses buildings, coins huppés ou mal famés, puis il y a Baine County, qui fait la part belle au désert, aux rocheuses, à la nature, aux paysages vallonnés et aux animaux. Vous retrouverez Rockford Hills (équivalent de Beverly Hills), Vespucci Beach (Venice Beach), Hollywood, le Chinese Theater, sans oublier Wine County et des dizaines de grottes sous-marines.

2. Énorme, surtout, par LA nouveauté amenée pour la première fois dans un GTA : la possibilité d’incarner non pas un, mais bien trois héros : Michael, sorte de Tont Soprano, gangster sur le retour, Trevor, le psychopathe cas social, et Franklin, archétype du nigga, + as (et le fou) du volant. Cette multiplication des points de vue est réellement intéressante dans le développement scénaristique du titre, mais, au final, les missions où se croisent nos trois loubards, tous ensemble, restent rares. On prendra plus souvent les commandes de l’un deux, voire deux d’entre eux. Mais, à chaque instant, le switch d’un personnage à un autre est d’une fluidité à toute épreuve.

3. Énorme, ensuite, pour la durée de vie annoncée : 100 heures (nous en sommes à une petite vingtaine, nostra culpa, le café nous a manqué) sans même trop traîner dans le solo. Et on ne parle même pas du multi, qui s’annonce gargantuesque, mais n’ouvrira ses portes (on l’espère sans couac de serveur) que ce 1er octobre).

4. Énorme, encore, par la multiplication des à-côtés, que ce soit la plongée sous-marine, le golf (assez précis et… fun), le surf sur LifeInvader – notre Facebook –, les minijeux, la possibilité d’aller au cinéma, de se rhabiller de la tête aux pieds, de conduire ou piloter voitures de tout poil mais aussi motos, vélos, avions, parachutes, quads. L’effet bac à sable est plus intense que jamais  : dans GTA V, on fait ce qu’on veut  : buter des prostituées après avoir consommé ou écraser des piétons; respecter les feux de signalisation et raccompagner nos conquêtes comme un gentleman, en supportant leurs remontrances pour une conduite à peine trop brusque. Le tout sur une bande-son toujours aussi léchée, avec les fameuses radios, mieux achalandées que jamais.

5. Énorme, toujours, par les sensations de jeu procurées (la police est plus vigilante, la conduite améliorée) et les détails qui fourmillent dans le jeu. Graphiquement, sans être ébouriffant, c’est excessivement propre, avec une profondeur de champ jamais vue sur un GTA, et quelques paysages de derrière les fagots.

6. Énorme, enfin, par la subversion omniprésente du titre, qui mouline la société américaine en faisant un gros fuck à celui qui tient le pad, tout sourire. Si GTA fait rimer liberté d’action avec violence et sexe peu amouraché, ce n’est peut-être pas un hasard. Quitte à essuyer l’une ou l’autre polémique sur lesquelles la saga se frotte les pieds.

Définitivement, GTA V est tout simplement énorme. Un exutoire de pixels à glisser d’urgence dans les consoles de possesseurs avertis, pas trop jeunes.

Gran Theft Auto V (Rockstar/Take Two), sur PS3 et Xbox 360 (sortie présumée sur PC ultérieurement, mais pas encore confirmée).


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