Les sagesses du Grand Jojo

Ce mardi à 19h45, en prélude au concert du Grand Jojo à Forest National le 14 décembre, RTL-TVI rend hommage à l’icône belge de la chanson à boire. De sa pièce "secrète" aux murs placardés de souvenirs à ses moments partagés avec l’équipe belge en 1986, RTL-TVI propose de tout révéler de l’homme et du personnage.

Les sagesses du Grand Jojo
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Aurélie Moreau

Jules Vanobbergen LUI-MÊME n’en revient pas. Un "Grand Best-of" l’an dernier classé disque d’or, un concert sold out au Cirque Royal (en mars), un nouvel album "Tournée, Général !" - son premier album studio depuis 1980 -, le Grand Jojo a 77 ans et s’apprête encore à enflammer Forest National.

"J’ai mené une existence tranquille pendant plusieurs années, je voyageais et je m’occupais de ma femme après avoir travaillé dans une administration, au sein d’un service social. Tout à coup, Universal est venu chercher le vieux crocodile que je suis devenu. Je n’avais plus de firme mais mes disques continuaient à tourner. J’avais pensé juste faire un best-of et puis basta. Ne plus faire de spectacles. Et puis, tout s’est enchaîné. Le best of a fait un carton, donc on a fait le Cirque Royal et les Francofolies de Spa", indique celui qui, jadis, aspirait à devenir artiste peintre. "Et pas peintre en bâtiment, comme l’avait compris mon père, très terre à terre."

Dessinateur publicitaire et de BD - avant de devenir disquaire puis musicien -, ce grand gaillard long d’un mètre quatre-vingt-cinq (au moins) courbe les épaules, tantôt gêné, tantôt badin. "En général, je ne suis pas très chaud pour faire ce genre de choses." Entendez : ouvrir les portes de son intimité aux caméras de télévision. En l’occurrence, celles de RTL-TVI pour l’émission spéciale "La tournée générale du Grand Jojo", présentée par Sabrina Jacobs mardi. "Je suis un homme discret, poursuit-il. En général, les reportages que l’on fait, c’est souvent du voyeurisme. J’avais déjà été contacté par mon grand ami Stéphane Pauwels pour faire ‘Les orages de la vie’ mais je lui ai dit non. Car je ne désire pas exposer ma vie personnelle et surtout pas les deux drames que j’ai connus : la mort de ma première femme et celle de ma fille. C’est quelque chose qui m’appartient. L’émission est bien mais les gens qui la regardent, le font avec une curiosité un peu malsaine."

En revanche, avec l’animatrice Sabrina Jacobs, qui côtoie Lange Jojo depuis l’enfance, il a senti "qu’il y avait quelque chose de gentil". "C’est une façon de dire merci aux gens qui m’aiment bien et leur montrer que je suis tout à fait différent de mes chansons et que je suis aussi un être humain." Qui soupçonne en effet sa passion pour le jazz ? A la Petite rue des Bouchers, avec Brel, "ça transpirait le Saint-Germain-des-Près". Il a alors 15 ans et déserte les cours de récré. Barbara "n’avait pas encore chanté ‘L’aigle noir’", Georges Moustaki était encore "un petit pianiste" et l’auteur Jacques Martin "avait une boîte à la Place des Martyrs". "On était toute une bande qui faisait partie du mouvement existentialiste. On lisait, contrairement à ce que je fais maintenant. C’est vrai que mes textes peuvent sembler un peu désuets par rapport à ce que je lisais quand j’étais jeune : Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, etc."

A présent, Le Grand Jojo est "un personnage heureux mais rétro". Véritable provocation au temps qui passe, jamais son code vestimentaire ne cède aux caprices de la modernité. Piquée d’un pin’s représentant le drapeau belge, la poche de sa veste rayée accueille un gros mouchoir, démesuré mais toujours assorti. Ne lui manque que sa moustache, son légendaire attribut pileux. "J’avais promis de la raser si les Diables se qualifiaient pour le Brésil."

Effet de mode ou stratégie durable mise en place par les médias (lire ci-contre), cette nouvelle vague de "belgitude" ne surprend par l’étalagiste de formation. "Avant, on a beaucoup vendu des produits comme le chocolat. Ce fut un grand moment gastronomique. A présent, on a un grand moment belge. Avec des artistes, des acteurs, des chanteurs, des scientifiques, des sportifs qui s’exportent. Poelvoorde, Stromae, etc. Stromae, c’est un véritable extraterrestre. On avait plus fait ça depuis 20 ans. Il a apporté quelque chose qu’on attendait, quelque chose qui nous rend fiers d’être Belges."

A l’ombre des costumes dont il se pare dans ses chansons à boire, Jules Vanobbergen est "un enfant gâté" qui nourrit à présent, dit-il, une seule ambition : "En profiter un maximum !" "Je ne fais pas ça pour des raisons financières. Je n’ai pas besoin d’une villa à la Côte d’Azur. A mon âge, il reste encore quelques années, espérons-le, et je dois en profiter. Pour moi, le mot merci est le plus important. Le mot de la fin ? Une phrase qui résume ma vie et que j’ai inscrite dans mon press-book : Je suis un artiste et lorsque mon étoile aura pâli, je n’aurai aucun regret. Je serai content d’avoir pu être un artiste pour toutes les joies que cela m’a procuré."

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