Reynders dégomme la RTBF et RTL... où Di Rupo n'ira pas

Après le courrier plus qu’acide envoyé par le président du MR, Charles Michel, à Jean-Paul Philippot, le patron de la RTBF, c’est au tour de Didier Reynders de s’en prendre à la participation d’Elio Di Rupo à l’émission de divertissement "Sans Chichis".

F. C., Ch. Ly. et N.CAP.
Reynders dégomme la RTBF et RTL... où Di Rupo n'ira pas
©Photo News

Après le courrier plus qu’acide envoyé par le président du MR, Charles Michel, à Jean-Paul Philippot, le patron de la RTBF, c’est au tour de Didier Reynders de s’en prendre à la participation d’Elio Di Rupo à l’émission de divertissement "Sans Chichis" (diffusée jeudi dernier en prime time sur La Deux, elle a attiré 205 000 téléspectateurs, soit 11,5 % de parts de marché).

Interrogé ce dimanche sur la politique belge et internationale, le vice-Premier ministre libéral est revenu sur cette polémique politico-médiatique. " Les émissions en Flandre, c’est comme dans le monde occidental : tout le monde est à bord. Mais du côté francophone, les émissions, c’est plutôt comme en Corée du Nord : seulement un parti et un seul homme ", ironise-t-il.

Mais la RTBF, " dominée par la puissante fédération socialiste qui y a l’administrateur délégué et la majorité au conseil ", n’est pas la seule visée par Didier Reynders. RTL n’échappe pas non plus à ses critiques : " On me dit que pour ‘Top Chef’, il y aura aussi, bizarrement, pour la première fois, la participation d’un politique : Elio Di Rupo. C’est programmé. Je vais prendre un autre exemple. Samedi soir, j’étais à Liège pour une très belle soirée de boxe où un jeune Belgo-Arménien a gagné et peut désormais concourir pour devenir champion du monde poids plume. Si vous saviez à quel point les caméras de la RTBF et de RTL ont tout fait pour m’éviter… Jean-Paul Belmondo était là, je l’ai décoré, je l’ai rencontré. Tout le monde était ravi que je sois là. J’ai encore vu un beau reportage à la RTBF ce dimanche : on y voit Jean-Paul Belmondo, mais le ministre des Affaires étrangères, non. Il n’est pas socialiste, qu’est-ce que c’est que cette histoire, on ne va quand même pas aller le filmer… C’est quand même terrible. Si je passe une fois dans un journal télévisé et que, dans un autre sujet du JT, je pourrais apparaître une seconde fois, on dit, "ah non, une fois ça suffit"… Demandez à mon porte-parole ".

Top Chef sans Di Rupo

Néanmoins, le tollé provoqué autour de Top Chef est vain, car le Premier ne participera pas à l'émission sur RTL-TVI. Le show étant programmée pendant la période de prudence pré-électorale, la scène avec Elio Di Rupo ne sera pas diffusée. Pour rappel, durant ladite période, les télévisions et radios s’engagent à établir la stricte parité dans les temps de paroles des représentants de chaque parti politique. Stéphane Rosenblatt, directeur des programmes de RTL s'est amusée de cette non-polémique auprès de nos confrères de Vers l'Avenir.

"On nous fait un procès sans même nous avoir demandé si Elio Di Rupo allait bien apparaître dans Top chef . Ça me fait bien rire: personne n’a vu notre émission et on en fait un usage électoral sans savoir (...) Nous avons tourné cette séquence en juillet. Or, à cette époque, nous ne savions même pas quand commencerait Top chef. Il apparaît aujourd'hui que la séquence avec le Premier ministre s’insère dans une émission qui sera diffusée après le 25 février, date de début de la période de prudence préélectorale. On ne verra donc pas Elio Di Rupo. RTL-TVI est lié à ses engagements dans le cadre des élections et est lié à cette date. Nous respecterons donc bien évidemment cette période de prudence. C’est gentil de nous refiler la patate chaude après Sans chichis, mais c’est une non-polémique."

"Pas gaucho-écolo…"

Pour en revenir à "Sans Chichis", Didier Reynders s’étonne, vu le mauvais traitement médiatique qu’il estime recevoir sur RTL et la RTBF, de la durée de l’émission : " On fait 69 minutes d’émission sur une seule personne… Et puis on lit dans la presse que l’animatrice se dit "gaucho-écolo"… Ben oui, moi pas. Elle explique aussi - en Flandre, on n’a jamais vu ça - qu’elle a beaucoup et très bien travaillé avec le cabinet du Premier ministre pour préparer l’émission et en définir les thèmes et l’organisation. Ça me fait penser à l’ORTF du temps du général de Gaulle et de Peyrefitte, ministre de l’Audiovisuel. Mais on me dit, "ce n’est pas la rédaction de la RTBF, ce n’est pas lié à la politique c’est autre chose". Mais en Flandre, quand je vais aux émissions, tout le monde politique est là ..."

Pour le MR, déplore Didier Reynders - qui constate qu’il n’a pas d’émission "Sans Chichis" prévu à son agenda - il faut désormais au contraire se plier au minutage des passages à l’antenne dans le cadre de la campagne électorale. " Même sur La Trois, où il n’y a pourtant personne, on me dit qu’on va faire attention à ce qu’on n’ait pas trop de temps d’antenne… "

Moureaux : Reynders, le messie d'Anvers

Sur Twitter, l'ancien bourgmestre de Molenbeek Philippe Moureaux (PS) s'est montré sarcastique à l'égard de Didier Reynders, notant que le libéral était attendu "attendu comme le messie à l'hôtel de ville d'Anvers".

— phmoureaux (@phmoureaux) 13 Janvier 2014