"Questions à La une" enquête sur la construction de l’image d’un roi

Ce mercredi soir sur La une à 20h20: Enquête sur les six premiers mois du roi Philippe.

Hubert Heyrendt
"Questions à La une" enquête sur la construction de l’image d’un roi
©Photo News

En six mois, un homme a prêté serment, a mené des fonctions de représentation, a fait un discours de Noël très classique. Il ne s’est rien passé ! On est en train de faire un bilan de rien" , s’amuse Marc Uyttendaele en guise de conclusion du premier sujet de l’année de "Questions à La une" : Le prince Philippe est-il vraiment devenu roi ? H H Un reportage signé Danielle Welter, qui a suivi le Roi depuis sa prestation de serment du 21 juillet dernier pour tenter de voir s’il avait réussi à habiter ses nouveaux habits de chef d’Etat après avoir été moqué pendant de nombreuses années.

"On partait quand même de loin , estime la journaliste de la RTBF… Maintenant, c’est lui le boss. On le critique toujours mais beaucoup moins. Et puis, c’est un soulagement quand même. Il a été préparé pendant vingt ans par une pointure, le roi Baudouin, et il a dû attendre d’avoir 53 ans avant de devenir roi. C’est à devenir dingue quand même ! Et c’est vrai, comme le dit le comédien qui joue son rôle dans la série flamande "Albert II", que son père ne l’a jamais soutenu publiquement. Je pense qu’aujourd’hui, ça doit mieux se passer aussi à la maison avec Mathilde…"

On pouvait s’attendre, de la part de "Questions à La une", à un portrait assez rentre-dedans du nouveau souverain. Il n’en est finalement rien. Il faut dire que Philippe n’a pas commis le moindre faux pas après une demi-année sur le trône. Ce que reconnaissent la plupart des personnes rencontrées par Danielle Welter. On comprend d’ailleurs que d’énormes efforts sont faits par l’entourage du roi pour maîtriser son image, par ses quatre principaux conseillers mais aussi son chef de cabinet, l’Anversois Frans van Daele.

Pour autant, Philippe n’est toujours pas très à l’aise en public. "Il est toujours gauche. A l’image, ce peut être cruel… Je voulais évidemment faire une visite du palais avec le Roi. Nous n’avons obtenu qu’un reportage au CPAS du palais… Il a vraiment peur de dire une bêtise. Même hors caméra, il est très tendu alors que Mathilde, elle, est très à l’aise." La journaliste consacre d’ailleurs un bon tiers de son sujet aux premiers pas, unanimement salués, de la nouvelle reine.

Philippe convaincra-t-il la Flandre ?

Autre grande question abordée par "Questions à La une", le regard porté sur Philippe en Flandre. On revient notamment sur la très peu joyeuse entrée à Anvers, où les souverains ont été accueillis, en dehors de l’hôtel de ville, par un Bart De Wever glacial…

"Tout va dépendre de la façon dont la N-VA va enfoncer le clou monarchique , juge Mme Welter. Mais je suis étonnée de la façon dont, en dehors des supporters de la N-VA, les gens parlent de lui dans la rue. Sur vingt personnes interrogées, aucune ne m’a dit que c’était un imbécile. Je pensais qu’ils allaient être plus durs. Il y a quelque chose qui a changé, je crois. On a toujours l’impression, côté francophone, que les Flamands détestent Philippe mais ce n’est pas vrai."

Rendez-vous en mai donc pour le premier vrai baptême du feu du roi Philippe… Sera-t-il capable d’encaisser une crise politique comme son père a pu le faire ? "Albert désamorçait, détendait l’atmosphère. C’est pour ça que les politiques allaient souvent au palais. Je sais qu’il y avait une grande méfiance des politiques envers Philippe et ce n’est pas le seul discours du 21 juillet qui suffira à les rassurer…" Hubert Heyrendt