"Pathétique", "Affligeant", "Message tronqué": le retour polémique de Jean-Claude Defossé sur RTL

Mardi soir, Jean-Claude Defossé a fait son grand retour à la télévision et sa nouvelle émission Dossiers tabous était diffusée sur RTL TVI. Ce premier numéro, intitulé L'intégration en Belgique est un échec!, a fait beaucoup parler de lui sur les réseaux sociaux. De nombreuses personnalités politiques n'ont pas été convaincues...

Saul et Rédaction en ligne
"Pathétique", "Affligeant", "Message tronqué": le retour polémique de Jean-Claude Defossé sur RTL
©Printscreen RTL

Pour son retour, Jean-Claude Defossé, passé sur RTL TVI, a frappé fort. Très fort même au point de déclencher une vague de réactions sur les réseaux sociaux au terme de sa nouvelle émission proposée : Dossiers tabous. Il faut dire que la thématique est des plus sensibles (mais venant de l’homme, fallait-il en douter).

Le journaliste d’investigation a en effet abordé le thème de l’intégration des immigrés, qualifié par RTL TVI même d’un sujet chaud qui dérange.

Ce premier numéro, intitulé L’Intégration en Belgique est un échec !, a donc suscité un débat sur la toile, confrontant les offusqués d’une part, les convaincus de l’autre…

Certains politiques n’ont pas manqué de réagir comme la députée fédérale Nawal Ben Hamou, via Facebook : "Si vous êtes Belge d’origine marocaine ou turque à Bruxelles, Jean-Claude Defossé a déjà scellé votre sort : vous allez rater votre intégration ! Après la diffusion de son émission Dossiers Tabous sur RTL, si je ne me sentais pas aussi bien en Belgique, j’en arriverais à douter de ma propre intégration. Affligeant comme message tronqué. Juste ce dont on n’avait pas besoin en ce moment…"


À la suite de ce post, les réponses n’ont pas manqué, souvent pour soutenir la députée mais parfois aussi pour abonder dans le sens du journaliste : "Cela suffit maintenant, ça saoule à la fin la victimisation".

La députée de rebondir : "L’intégration est loin d’être parfaite, certains éléments de l’émission sont malheureusement vrais, je le regrette. Mais dans cette émission, tout semble avoir été dirigé pour pointer du doigt une communauté et simplement donner des arguments à ceux qui n’étaient, jusque-là, pas encore certains d’être raciste. Et ça, au pire moment d’une crise raciale et religieuse… Juste dommage".

Plus tolérante, une internaute recentre à son tour : "Chaque Belge a déjà été traité de sale Flamand, chaque Turc a déjà été traité de sale Turc, chaque Marocain ou Arabe a déjà été traité de sale macaque ou bougnoul, chaque Italien a déjà été traitée de sale rital… Nous sommes tous logés à la même enseigne ! Cela ne veut pas dire qu’il faut continuer à reproduire cette haine…"

D'autres réactions, du monde politique et journalistique

Outre Nawal Ben Hamou, d'autres personnalités du monde politique ont commenté l'émission. C'est le cas de Jamal Ikazban, député bruxellois et chef de Groupe de l'opposition PS au conseil communal Molenbeek. Sur Twitter, il s'est indigné face à cette émission qui est un "procès des musulmans", avec "tellement d'amalgames et de préjugés".



Mahinur Ozdemir (cdH), membre du Parlement bruxellois, évoque un "mélange d'amalgames, de préjugés,... pour semer la confusion".


Leila Agic, présidente des Jeunes socialistes de Molenbeek, critique une "arnaque totale".

Un autre homme politique était particulièrement remonté. Selon Steve Hendrick, chef de groupe MR au conseil communal de Jette, c'est l'extrême droite qui va tirer profit de ce genre d'émission.


Du côté d'Ecolo, l'ancien parti de Jean-Claude Defossé, le conseiller communal ixellois Geoffrey Roucourt s'en prend avec virulence à RTL.


Enfin, du côté de la RTBF, ancien employeur de Jean-Claude Defossé, tout le monde n'est pas resté de marbre. À l'image de Philippe Carlot, journaliste politique en radio et spécialiste de la Région de Bruxelles-Capitale, qui résume à "pathétique" cette émission "mêlant causes et conséquences, sèmant la confusion et surfant sur les clichés".


Une chose est sûre: Jean-Claude Defossé n’a pas changé et met toujours le doigt là où ça fait mal.