Agent Carter, l’héroïne clé de Marvel

Résolue, très intelligente, féministe, Peggy a réussi son entrée dans l’univers sériel.

Entretien de Karin Tshidimba à Monte-Carlo
AGENT CARTER (aka MARVEL'S AGENT CARTER), Hayley Atwell, (Season 1, 2015). photo: Bob D'Amico / ©ABC / courtesy Everett Collection Reporters / Everett
AGENT CARTER (aka MARVEL'S AGENT CARTER), Hayley Atwell, (Season 1, 2015). photo: Bob D'Amico / ©ABC / courtesy Everett Collection Reporters / Everett ©Reporters / Everett

Les super-héros sont partout. Très présents en 2015, ils le seront encore plus en 2016. En prélude au Comic-Con de San Diego, qui ouvre ses portes ce 9 juillet, coup de projecteur sur l’univers Marvel en pleine expansion en télévision.

Apparue en janvier dernier, lors de la pause hivernale de la saga "Agents of Shield", la mini-série "Agent Carter" fait également partie de l’univers Marvel. Elle met en scène le personnage de Peggy Carter découvert dans le film "Captain America" et dans sa suite : "Captain America : le soldat de l’hiver".

Force et intelligence

Ecrite par Christopher Markus et Stephen McFeely, scénaristes du film, la série se penche sur le destin de l’agent œuvrant au sein de la Section scientifique de Réserve (SSR ou Strategic Scientific Reserve), première agence secrète des renseignements américains, juste après le décès de son célèbre fiancé.

Comme "Agents of Shield" dont elle est une déclinaison, "Agent Carter" se penche sur le destin d’êtres humains héroïques, des hommes et des femmes qui tentent de défendre leur pays au péril de leur vie, dans l’ombre des super-héros. Ils ont donc en commun avec ces derniers un certain nombre d’idéaux et de valeurs.

Dans le rôle de l’agent Carter, on retrouve Hayley Atwell, actrice britannique qui a marqué les esprits dans d’autres séries ("Restless", "Les Piliers de la terre"). Volubile, elle nous a parlé avec fougue de "sa" Peggy, lors du récent festival de Monte-Carlo.

"C’est une femme très moderne qui évolue en 1946. Elle a autant de capacités que les hommes. On la connaît depuis le deuxième film de la franchise Captain America. On sait qu’elle a eu une très longue carrière car elle est morte à près de 90 ans.

Peggy Carter est une femme intelligente évoluant au milieu de mâles dominants. La série montre des femmes dans une position de pouvoir qui ne sont pas des pestes pour autant. Elles utilisent leur cerveau et leurs qualités et pas uniquement leur potentiel de séduction."

Retour sur 60 ans de carrière

Dans le premier "Captain America", on découvrait l’agent Carter toute jeune et dans le second film, on la voyait à l’âge de la retraite…

"Oui, la série complète bien les trous des scénarios antérieurs et apporte les détails qui manquaient sur sa vie et ses missions. Les films ont montré très peu d’aspects de sa personnalité. C’est vraiment comme s’ils n’avaient touché que la surface. Comme si je n’avais que commencé à croquer dans la pomme."

"Ce qui est chouette c’est de voir qu’elle a eu beaucoup de succès. Peggy a des qualités naturelles pour le leadership. Quelles que soient les difficultés, elle va toujours parvenir à mener ses missions à bien. Marvel a réalisé qu’il y avait cette attente du public, qui voulait en savoir plus sur elle. C’est comme cela qu’ils ont décidé de créer la série. Mais cela s’est fait de façon très organique. Je pense que si cela s’était mal passé et que j’avais été très mauvaise dans les films, ils n’auraient pas monté une série sur ce personnage" (rire).

Série psychologique et film noir

L’un des talents des séries est le fait de creuser les personnages. "Oui, le film a montré très peu d’aspects de sa personnalité. Quel est le coût émotionnel et psychologique de ce qu’elle a vécu ? Comment vivait-elle à cette époque, quel est le poids de sa solitude puisqu’elle ne peut avoir aucun ami sans les mettre en danger ? Ce sont vraiment des sentiments et émotions auxquels je peux me rattacher et que l’on peut développer aujourd’hui."

Esthétiquement très soignée, la série offre aussi un joli clin d’œil au film noir de l’après-guerre.

"Il y a beaucoup de responsabilités qui reposent sur mes épaules afin de parvenir à recréer cette époque et l’univers de ce personnage. J’ai donc fait des recherches sur la vie des femmes dans ces années-là. J’ai fouillé la vie des grandes actrices comme Katharine Hepburn, Bette Davis et toutes les égéries de l’âge d’or d’Hollywood que j’adorais. Cela m’a aidé à bâtir mon personnage. C’est presque comme s’il s’agissait de deux personnages différents : la Peggy que je jouais dans les films et celle que je connais maintenant."