Etat d’urgence : vigilance accrue dans les médias français

Les médias français annulent (ou limitent) le public dans leurs émissions en direct.

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Caroline Gourdin Correspondante à Paris

"Etat d’urgence décrété. Toutes les manifestations en public à la Maison de la Radio sont annulées jusqu’au 17/11 inclus, jusqu’au 22/11 pour les scolaires." Ce message, sur le site de la Maison de la Radio, fait suite aux attentats de Paris de vendredi soir. "L’Esprit public" sur France Culture, "La Bande originale" sur France Inter ou "Génération jeunes interprètes" sur France Musique, notamment, ont pu être diffusées en direct, mais sans public, ce lundi.

Ce week-end, les concerts donnés à la Maison de la Radio avaient été annulés. Samedi soir, "Danse avec les stars" n’a pas été diffusé sur TF1 et France Télévisions a barré l’accès au public de ses émissions en direct. La spéciale de Laurent Ruquier, "On est solidaire", sur France 2 samedi soir, n’avait pour tout public que les artistes, animateurs et intellectuels qui succédaient aux politiques invités sur le plateau.

Lundi soir, l’édition spéciale de "Des paroles et des actes" devait être présentée par David Pujadas, exceptionnellement sur le plateau du "20 heures" de France 2 (et non à la Plaine-St-Denis), à huis clos. En revanche, les émissions enregistrées de France 3, telle "Midi en France" (en région), peuvent accueillir du public, avec une "attention" renforcée sur le plan de la sécurité. Idem pour une émission quotidienne comme "Les 12 coups de midi" sur TF1, produite par Endemol.

Surveillance policière

"Si les chaînes décident de maintenir leurs émissions en public, charge pour elles d’en assurer la sécurité", explique-t-on à la préfecture de police de Paris, qui n’a pas donné de mot d’ordre global. Toutefois, dans le cadre du plan Vigipirate, la surveillance policière à l’extérieur des médias a été "intensifiée, comme pour tous les bâtiments susceptibles de recevoir du public". Notre interlocuteur préfère rester vague sur le dispositif, pour éviter de livrer des informations aux terroristes potentiels. Devant les bâtiments de France 5, il n’y a pas de policier en faction, comme au lendemain des attentats de janvier 2015, mais la police effectue des rondes. "Et les sacs et les badges sont systématiquement contrôlés", précise une salariée.

L’unique émission enregistrée en public sur cette chaîne, "La Grande Librairie", n’accueillera pas de mineurs ce jeudi pour le direct en public. La venue d’une classe ayant participé au Goncourt des lycéens a été par ailleurs annulée ce lundi soir sur l’enregistrement d’une "Grande Librairie" spéciale "Et si on lisait" (diffusée à Noël). Une décision motivée par les interdictions imposées par le Rectorat, concernant les sorties scolaires et périscolaires "occasionnelles", et les voyages, jusqu’au 22 novembre.

Moyens supplémentaires

Au siège d’Arte, pas de camionnette de CRS, comme après l’attentat qui avait visé "Charlie Hebdo", mais bien des consignes de "vigilance". Des agents de sécurité supplémentaires ont été dépêchés devant les studios accueillant le magazine "28 minutes", qui consacrait lundi son édition aux attentats.

A M6, qui n’enregistre pas d’émissions en public ces jours-ci, "la sécurité est toujours prévue sur les plateaux et les sacs sont systématiquement fouillés et laissés au vestiaire".

Dès lundi, à la mi-journée, "La Nouvelle Edition" était présentée en direct et en public sur Canal +. Dans l’après-midi, l’Agence Cassandra, qui permet au public d’assister à des émissions, postait sur Twitter : "Sachez que la sécurité va être renforcée sur tous les plateaux" ou encore "Actuellement en tournage sur un plateau TV. Tout se passe bien … Vous êtes en sécurité !"

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