"The Voice 5" veut miser sur l’émotion

Qui succédera à Florent Brack, "The Voice" 2015 ? La une, à 20h15.

Aurélie Moreau et Marie-Anne Georges
"The Voice 5" veut miser sur l’émotion

Ils étaient près de 2 000 candidats à participer au casting de cette nouvelle saison de "The Voice Belgique". Plus de 145 d’entre eux ont franchi le cap des présélections et participent ce soir aux auditions à l’aveugle. "Cette année, la moyenne d’âge est plus élevée (entre 16 et 64 ans, NdlR), indique Jean-Michel Germys, directeur des divertissements à la RTBF. L’année dernière, on avait beaucoup de candidats particulièrement jeunes, avec peu d’expérience et de vécu. Ça n’alimente pas l’histoire et le storytelling. On a donc renforcé la recherche active dans les conservatoires par exemple."

Perte de vitesse

A l’international, le format s’essouffle. En 2014, la version belge n’a séduit que 405 822 téléspectateurs en moyenne (24,4 % de part de marché). La baisse d’audience est légère mais néanmoins significative (-10 %). "Les chiffres ne sont pas bons. On n’est pas insensible mais ce n’est pas dramatique, poursuit le directeur des divertissements. Ça reste un programme populaire, porteur, qui réalise des parts de marché très importantes pour La une, et largement au-delà de ce que fait habituellement la case. […] On pique du nez mais beaucoup moins vite qu’ailleurs. Aux Etats-Unis et aux Pays-Bas, ça remonte."

Exit Jali et Chimène Badi. Les Cats on Trees et Quentin Mosimann rejoignent cette année B.J. Scott et Stanislas sur le banc du jury. "Sans critiquer les anciens jurés, c’était par moments un peu trop artistique, sérieux, et pas assez divertissant, reconnaît Jean-Michel Germys. Jali et Chimène ne pouvaient plus rester et on a donc dû trouver de nouveaux coachs. Ça a été une évidence de ramener Quentin Mosimann parce qu’il avait assuré pendant deux saisons. On sait qu’il provoque des éléments de comique et de show. Il a une certaine popularité auprès des jeunes. En plus, il va amener de l’animation. Et Cats on Trees, c’est un groupe très apprécié par le public belge."

Concurrence française

La mécanique du jeu ne change pas. En revanche, les "workshops" (séances de répétition) seront moins nombreux afin d’accorder davantage d’importance "à l’expérience des candidats et de leurs proches". Enfin, en raison des nombreuses réactions négatives, les fauteuils se retourneront à nouveau pour tous les prétendants au titre, même s’ils n’ont pas été retenus au terme de leur prestation.

"Les téléspectateurs ont en effet manifesté leur mécontentement car les candidats qui n’étaient pas sélectionnés ne recevaient plus d’explications comme auparavant."

Cette cinquième saison devra à nouveau subir la concurrence de TF1 qui programmera sa propre version dès le samedi 9 janvier. Un sondage qualitatif réalisé par "Télépro" (et dont la RTBF conteste la méthodologie) avait par ailleurs souligné la préférence des téléspectateurs sondés pour "The Voice France". "Les Belges sont plus nombreux à regarder ‘The Voice Belgique’ que la version française", nuance toutefois Jean-Michel Germys.


Cats on Trees : "A force de venir en Belgique, on va finir par s'installer"

C’est "Sirens Call" qui les a révélés. Lancé sur les ondes en 2013, le morceau de Cats on Trees est rapidement devenu un tube. Derrière ces "chats sur des arbres" se cachent Yohan Hennequin et Nina Goern. Le duo originaire de Toulouse fait partie des nouveaux coaches recrutés par "The Voice Belgique". Ils seront aux côtés de la fidèle B.J. Scott, du revenant Quentin Mossimann et de leur compatriote Stanislas, qui rempile pour une deuxième saison.

En avril 2014, lors de la saison 3 de "The Voice" Belgique, Yohan et Nina avaient interprété le fameux "Sirens Call" avec… Loïc Nottet et Lindsay Ordonez ! "On avait trouvé tout le monde bienveillant, le cadre était hyper chouette", se souviennent-ils. En juillet 2015, ils se produisent aux Francos de Spa. Après leur concert, l’équipe de "The Voice" leur a fixé rendez-vous. "Ils nous ont proposé de devenir coach pour la saison 5. Comme cela allait être une année consacrée à la composition et à l’enregistrement de notre deuxième album, on s’est dit qu’on disposerait de davantage de temps. Et puis, on adore la Belgique, alors on a trouvé l’opportunité géniale."

Les Français ne ratent en effet jamais une occasion de déclarer leur amour pour notre pays. Ainsi lors de leur prestation au Brussels Summer Festival en août dernier."C’est vrai qu’à force de venir en Belgique, on va finir par s’y installer", rigolent nos deux artistes, originaires du sud de la France. Pas trop effrayé par la météo ? "C’est avant tout pour les gens qu’on vient. Leur gentillesse, la chaleur, une sincérité non feinte", insistent-ils.

Piège de la célébrité

D’expérience des télécrochets, ils n’en ont guère, ayant à peine jeté un œil à la déclinaison française de "The Voice". A quoi vont-ils être sensibles ? "Nous, ce qu’on aime, ce sont les voix simples, pures, où tu sens l’être humain derrière. Pas une technique. Ce qui est important, c’est l’émotion, la sensibilité." Se considérant très bien entourés par les membres de leur label, Yohan et Nina veulent faire part de leur expérience. "On a commencé tout en bas, on s’est construit petit à petit. On sait que le risque de se retrouver surexposé est grand, on peut vite perdre pied. C’est très important d’être bien entouré afin de ne pas tomber dans le piège de la célébrité."

C’est donc à bien encadrer leurs poulains que vont s’atteler ceux dont le premier album éponyme s’est écoulé à plus de 200 000 exemplaires en France et qui vient d’être réédité incluant outre un duo, "Jimmy" partagé avec Calogero, quatre remixes. Yohan et Nina n’en savent pas trop sur l’émission car ils veulent arriver "frais". Après Joshua (2011 et 2012), Cats on Trees est la deuxième formation à être coach en duo. Pas peur des disputes ? "On ne se dispute vraiment pas beaucoup." On leur demandera peut-être de jouer la comédie, histoire de mettre un peu de sel aux débats …