A Cannes, clap de fin pour le MipTV

Les séries européennes attirent toute l’attention. Au détriment des autres programmes télé. Bilan.

Aurélie Moreau, à Cannes
A Cannes, clap de fin pour le MipTV
©REPORTERS

Le 53e MipTV s’est achevé, ce jeudi à Cannes. Rencontres, conférences, débats, interviews, négociations, achats de programmes, accords de production (ou de coproduction) ont animé la Croisette, quatre jours durant. Onze mille participants, provenant d’une centaine de pays différents, se sont présentés au Palais des festivals. "Les chiffres de fréquentation sont stables", indique Laurine Garaude, responsable de la division télévision au Mip. Quatre mille acheteurs sont venus acquérir de nouveaux formats auprès de 1 600 sociétés exposantes. Histoire de rafraîchir leurs grilles de programmes. "On enregistre également une présence sans cesse plus importante des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la Chine, des pays nordiques, ainsi que de la Turquie."

"L’année dernière, le potentiel de créer des contenus et de les voir voyager était déjà élevé, poursuit la responsable de la division télévision. Cette année, ça se confirme. La Turquie et les pays nordiques, particulièrement, ont montré que leurs contenus étaient vus partout à travers le monde. Le MipTV n’est pas qu’un lieu où les programmes de demain se révèlent. C’est devenu une manière de rendre le local universel, de briser les frontières."

Nouvelles tendances

Comme chaque année, le pire de la téléréalité a été annoncé, mais les séries dévoilées sont prometteuses. Alors que les jeux ont fait fureur lors des éditions précédentes, "les coproductions de séries ont connu une croissance très importante cette année, insiste Laurine Garaude. On a créé une nouvelle tendance avec les fictions sérielles dramatiques et historiques. On a de plus en plus de projections mondiales dans ces deux genres. Cette année, nous avons eu la chance d’accueillir ‘Roots’, ‘Intersection’, ‘Cannabis’ ou encore ‘Victoria’. La qualité cinématographique de ces séries est impressionnante."

La responsable se félicite par ailleurs de la première édition des MipDrama Awards qui a consacré la série belge "Ennemi public". "La qualité des projets présentés était tout simplement exceptionnelle, reprend Zelda Stewart, responsable des acquisitions chez Mediaset (Italie) - et également membre du jury. Plus de 100 participants avaient postulé pour faire partie de la short list soumise à l’appréciation du jury et du public. Les douze finalistes étaient déjà très chanceux d’être là. On a pris beaucoup de temps pour délibérer parce que les séries étaient vraiment excellentes. Mais on a fini par choisir celle qui nous a rendus le plus accro. A la sortie, tous les acheteurs étaient vraiment très excités."

Laurine Garaude a également souligné la qualité grandissante des séries - et web séries - européennes. "Elles rivalisent aujourd’hui avec les meilleures séries américaines parce qu’elles sont parvenues à trouver leur ton. Elles s’inspirent d’un vivier local qui séduit. Elles reflètent la diversité de tous les pays qui composent le Vieux Continent. Et c’est ça qui plaît et qui séduit le public aujourd’hui. Leur succès est indéniable et largement mérité."

Peu de formats aboutis

Excepté la fiction, peu de formats télé (jeux, quiz, etc.) aboutis ont attiré l’attention des acheteurs. Le groupe Vivendi a indéniablement rythmé ces quatre jours de marché par de multiples annonces dont la plus importante concerne le lancement de "Studio +". Soit une application pour téléphones portables et tablettes proposant des séries "premium" de 10 épisodes de 10 minutes par semaine. Chaque série a coûté la bagatelle d’un million d’euros. Cette nouvelle offre (payante) sera disponible à la fin de l’année.

Enfin, après la 3D et l’Ultra HD, une nouvelle technologie s’est invitée dans les salons du Mip : la réalité virtuelle.