Filles et poker chez les Abdeslam, qui croulaient sous les dettes

Si certains en doutent encore, voici, ce mardi soir, un reportage exclusif qui confirme définitivement le train de vie flambeur et anti-islamique des frères Abdeslam et de Mohamed Abrini juste avant les attentats de Paris (130 morts) et de Bruxelles (32 morts).

Filles et poker chez les Abdeslam, qui croulaient sous les dettes
Christophe Lamfalussy

L’un des deux barmen du café "Les Béguines" se met à table, sur RTL-TVI, à 19h45.


Si certains en doutent encore, voici, ce mardi soir, un reportage exclusif qui confirme définitivement le train de vie flambeur et anti-islamique des frères Abdeslam et de Mohamed Abrini juste avant les attentats de Paris (130 morts) et de Bruxelles (32 morts).

RTL-TVI a en effet retrouvé l’un des deux barmen du café "Les Béguines" à Molenbeek que Salah et Brahim Abdeslam géraient trois mois encore avant les attentats, avant qu’il ne soit fermé le 5 novembre 2015 par la police de Molenbeek.

Au premier étage, on servait le thé à la menthe, les sodas et le café. Dans la cave, on jouait au poker, flirtait, fumait des joints et taquinait la vodka. Le Coran - qui interdit l’alcool, les drogues et les jeux de hasard -, connais pas.

Un café qui rapportait beaucoup

Le barman, qui a fait six ans de prison, explique le visage masqué pour protéger son anonymat que, trois jours avant Paris, Brahim Abdeslam était "en train de rigoler, de boire, d’aller voir des gonzesses". Il exclut tout visionnage de vidéos sur la Syrie dans la salle, comme d’autres témoins l’ont affirmé.

Les deux frères "vivaient du café" qui leur rapportait environ 5 000 euros par mois. "Dans la caisse", dit-il, "je faisais 300 à 350 euros par jour. Et le thé, c’est de l’eau chaude et de la menthe. Donc c’est 100 % bénéfice. Je touchais 1 300 euros par mois, mon collègue (NdlR, Hamza Attou en prison) aussi. La machine (NdlR, bingo), elle faisait entrer 7 000 à 8 000 euros par mois. Moitié pour le placeur et moitié pour eux".

Pourtant, les frères semblaient crouler sous les dettes, comme en atteste un impayé de 2 611 euros à Electrabel, que la caméra a capté dans les documents qui traînent dans le café.

Il est beaucoup question d’argent dans ce reportage éclairant de 25 minutes, centré exclusivement sur le témoignage du barman. Tout d’abord, que les frères Abdeslam ont bradé leur café pour 27 000 euros, qu’ensuite ils ont eu une frénésie d’achat. Par d’autres sources, on sait qu’ils ont aussi passé une nuit dans un casino de Bruxelles, un mois avant les attentats.

On apprend aussi que Salah Abdeslam a sans doute dormi deux nuits dans le café lors de sa cavale. "On savait tous qu’il était à Molenbeek", dit le barman. La police de Molenbeek reste sur les dents puisqu’elle est intervenue lors du tournage, qui a eu lieu durant la nuit. Des voisins s’étaient étonnés de voir de la lumière dans le café, sous scellés pendant plusieurs mois.

Aux journalistes de la société Check Productions (qui travaille pour RTL), le barman a déclaré qu’il voulait corriger ce qu’il avait entendu dans certains médias. Il est sorti de son silence après être resté cloîtré chez lui durant deux mois après les attentats.

Abaaoud, le responsable

Qui alors a amené les Abdeslam et Abrini à se lancer dans cette "affaire de fous" ? C’est Abdelhamid Abaaoud. "A cause de lui, beaucoup de jeunes du quartier de Molenbeek se sont retrouvés dans la merde, morts. Pour moi, c’est lui qui les a endoctrinés."

Le barman charge le mort et ménage ses deux amis en prison, Abrini et Salah Abdeslam, qui ont tous les deux renoncé à la dernière minute à se faire exploser, l’un à Zaventem, l’autre à Paris. Il est difficile de pénétrer dans le petit monde des délinquants de Molenbeek. Le journaliste Edouard Dufrasne a dû travailler pendant des mois pour parvenir à ce témoin. En soi, c’est déjà un exploit.

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