A la rentrée, Bel RTL jouera l’effet de surprise

En dépit d’une année positive, changements en vue sur Bel RTL. Silence, ça bosse. Entretien.

Aurélie Moreau
20160621 - BELGIQUE, BRUXELLES: Portrait de Eric Adelbrecht, directeur des radios de RTL, le 21 juin 2016. PHOTO OLIVIER PAPEGNIES / COLLECTIF HUMA
20160621 - BELGIQUE, BRUXELLES: Portrait de Eric Adelbrecht, directeur des radios de RTL, le 21 juin 2016. PHOTO OLIVIER PAPEGNIES / COLLECTIF HUMA ©OLIVIER PAPEGNIES / COLLECTIF HU

Bel RTL se porte bien. C’est à tout le moins l’avis du directeur radio du groupe RTL, Eric Adelbrecht. En studio, le responsable évoque une concurrence particulièrement "rude" (celle de Vivacité) mais "positive". "Elle nous a obligés à proposer des changements sur Bel RTL il y a deux ans. A présent, on en récolte les fruits. Bel RTL recrute à nouveau de l’audience depuis trois vagues. Ce n’était plus arrivé depuis longtemps."

La dernière vague était rassurante ?

Oui, mais le boulot reste important.

On confirme donc l’infotainment, introduite il y a deux ans pour la rentrée ?

Oui. Quand on a fait le pari de "Faut qu’on en parle" (en lieu et place d’une émission historique : "Beau fixe"), on s’est rapidement fait assassiner.

Critiquer vous voulez dire ?

Oui, parce que ce n’était pas assez bien, etc. Or aujourd’hui, avec 23 000 auditeurs supplémentaires, on a rattrapé les audiences de "Beau fixe" et on est en évolution positive de manière continue depuis deux ans. Même si on a encore un peu de chemin à faire pour rattraper la concurrence, on est confiant pour Patrick Weber (le soir) et Laurent Ruquier (et ses Grosses têtes). Pareil pour "La vie est Bel" qui a gagné 21000 auditeurs. On va donc intensifier cette dynamique.

Le différentiel d’audience avec Vivacité est important entre 9 et 11h (créneau de "Faut qu’on en parle") ?

Oui, il y a encore un différentiel, c’est pourquoi on doit poursuivre notre travail mais on voit qu’il y a aussi un phénomène d’usure chez eux.

Etes-vous également satisfait de votre intervieweur de la matinale, Martin Buxant ?

Oui, tout à fait. Il est arrivé avec une fraîcheur, un style, un ton, une manière de poser les questions comme un auditeur le ferait. Il vulgarise très bien et fait beaucoup de pédagogie autour de la politique. Il a aussi un carnet d’adresses extraordinaire. On a eu tous les ténors. Quand Bart de Wever s’est exprimé pour la première fois, c’était sur Bel RTL.

Et la matinale ?

On est satisfait même si Thomas Van Hamme a décidé de jeter l’éponge. Restera à savoir qui le remplacera et de quelle manière.

On a parlé de beaucoup de monde pour le remplacer : Pascal Vrebos, Thomas de Bergeyck, Patrick Weber, Jean-Michel Zecca. Vous avez déjà des scénarios en tête ?

Oui.

Des tests sont-ils effectués ?

Oui.

Et ?

Le projet a été validé. Après, les personnes qui seront à l’antenne restent sujettes à discussion. Ce sera la même philosophie, adaptée en fonction de la personnalité.

Est-il question de développer un studio télé pour contrer le 6/8 de Vivacité et La une (RTBF) ?

Bel RTL est déjà en radio vision sur RTL-TVI et on ne changera rien. On n’a pas les budgets pour ça. Le studio qu’à développé la RTBF avoisine le million d’euros et il sert à diffuser une émission télé avec des décrochages radio de Vivacité. Mais le 6/8, c’est sur La Une, pas sur Vivacité. Or, j’ai toujours défendu la radio. Après, c’est indéniable que, par rapport à ce que nous faisons, la présence de Benjamin Maréchal sur Vivacité en vitrine télé pendant toute la matinée est quelque chose de positif pour l’image et pour les audiences de Vivacité…

En parlant de Benjamin Maréchal, a-t-il été question de le débaucher cette année ?

Non. Absolument pas pour la radio. Ça m’a beaucoup fait rire. On a lu tout et son contraire.

Vous n’avez encore pas évoqué le Bel RTL midi. Or Frédéric Bastien a déjà confirmé qu’il ne ferait pas partie de l’aventure à la rentrée…

On est satisfait de la grille mais il y a un moment donné où il faut faire des choix. On a vu, dans les nouveaux modes de consommation de la radio, qu’il n’y a pas d’attente particulière aux alentours de midi en matière d’info. Contrairement à la France, si on a un bulletin d’info assez rapide à midi, c’est suffisant car les gens sont ensuite sur Internet, regardent la télévision ou sortent pour aller manger, faire des courses, etc. Consacrer des budgets importants à une tranche d’info à ce moment-là n’était plus ultra-stratégique. Ça n’enlève rien au talent de Frédéric Bastien. Il sera dispatché autrement dans la grille.

Ce sera donc quelque chose de plus léger ?

A la rentrée ?

Oui.

Vous verrez donc ça, à la rentrée.

On annonce pourtant de gros changements…

Je ne fais pas de commentaires là-dessus. Je vais laisser la presse s’amuser cet été.