Aurélien Recoing a l’espoir de filmer bientôt

En tournage pour France 2, le comédien prépare un long métrage pour le cinéma. Entretien.

Karin Tshidimba à Monte-Carlo
Aurelien Recoing posing at the 18th Young Directors Festival, in Saint-Jean-de-Luz, France on October 11, 2013. Photo by Patrick Bernard/ABACAPRESS.COM Reporters / Abaca417958_052
Aurelien Recoing posing at the 18th Young Directors Festival, in Saint-Jean-de-Luz, France on October 11, 2013. Photo by Patrick Bernard/ABACAPRESS.COM Reporters / Abaca417958_052 ©Reporters / Abaca

En tournage au Pays basque jusqu’au 13 juillet prochain pour le compte de France 2 dans la fiction policière "On l’appelait Ruby" (voir ci-contre), le comédien Aurélien Recoing a fait partie du dernier Jury Fiction du Festival de télévision de Monte-Carlo. Une tâche qu’il a particulièrement goûtée découvrant des séries très diversifiées venues d’horizons proches ou lointains (Grande-Bretagne, USA, Allemagne, Norvège, Italie).

Ancrage historique et social

La délibération a fait "émerger les goûts spécifiques des jurés mais aussi les points communs" entre tous ces amateurs d’histoires ancrées socialement ou historiquement.

"Il y avait quelques disparités culturelles, au départ, mais finalement d es discussions de fond ont permis de faire ressortir les fondamentaux et les lignes de convergenc e autour des différents genres : comédie, drames historiques, tragédies, etc. Et des thématiques avant tout politiques, sociales et historiques."

Pour rappel, le jury 2016 a récompensé un drame allemand, "Tannbach, Line of Separation" (ZDF), l’actrice française Odile Vuillemin pour sa prestation dans "L’Emprise" et l’acteur britannique Mark Rylance pour son rôle dans la mini-série historique "Wolf Hall".

"O n voit qu’il y a ce besoin de raconter la société telle qu’elle est aujourd’hui mais aussi telle qu’elle était il y a quelques décennies. Cela trahit les préoccupations des différents pays et de l’époque. Cela nous présente un miroir de la société dans laquelle on vit aujourd’hui", souligne Aurélien Recoing.

Lors de la saison écoulée, on a pu voir le comédien dans deux séries françaises reflétant ces craintes latentes : la saison 2 des "Revenants", proposée en novembre sur Canal+ et Be tv, et la mini-série "Trepalium" diffusée sur Arte en février. Deux projets qui soulignent le retour du genre (la science-fiction et l’anticipation) dans la création télévisuelle française.

"Ces projets reflètent l’air du temps avec les questionnements sociaux et sur les liens entre les individus. Ce sont souvent des rôles à métamorphoses que l’on me propose, poursuit l’acteur. Comme comédien et comme metteur en scène, ce sont des œuvres dans lesquelles je me retrouve complètement."

Projet de réalisation

Pensionnaire de la Comédie-Française de 2010 à 2012, le comédien s’apprête à passer derrière la caméra pour la première fois avec un projet de film adapté du roman de Michel Quint qui a écrit "Effroyables jardins".

"Je l’ai croisé un jour au Festival des Arcs et il m’a donné son dernier roman en me disant que cela devrait me rappeler des choses. Je suis tombé en amour pour cette histoire initiatique…"

Dans "L’espoir d’aimer en chemin", Michel Quint raconte l’histoire d’un marionnettiste au chevet d’un jeune garçon dans le coma. "Grâce à ses marionnettes, il va le ramener petit à petit à la vie." Une "confrontation" et une relation originale qui vont pousser le marionnettiste à réfléchir à sa propre enfance et à son histoire familiale.

Comme Aurélien Recoing, lui-même issu d’une famille où les marionnettistes et les infirmiers se sont toujours côtoyés. D’où sa volonté de garder une certaine distance en ne jouant pas lui-même dans cette histoire aux échos très familiers.

Tournage en partie en Belgique

"Cela va être fort techniquement et émotionnellement. Et je n’aimerais pas que le film soit ressenti comme une autobiographie. Je souhaite vraiment rester au service de cette histoire dans laquelle on retrouve plein d’échos, politiques et artistiques, de ma famille avec le rapport au monde forain et à la question du FLN en Algérie. Dans l’adaptation, on fait souvent de grands détours pour rester fidèle au roman", souligne-t-il.

Le projet est soutenu par la société Mact Productions d’Antoine de Clermont-Tonnerre. "Le film devrait se tourner l’été prochain, en Belgique et dans le Nord de la France. J e croise les doigts."

Puisant dans son enfance cinéphile passée dans un petit village, dans ses nombreuses heures passées sur les plateaux de tournage et ses nombreuses mises en scène au théâtre, Aurélien Recoing se veut serein. "J’ai toujours eu plusieurs activités qui se sont connectées les unes aux autres. Ce que je fais au cinéma nourrit le théâtre et ce que je fais sur scène nourrit l’écriture. J’ai toujours fonctionné comme cela."

Plateforme culturelle

Sa dernière trouvaille : rendre l’accès à la culture et aux auteurs plus aisé et plus vivant via une plateforme web, proposant des partages de séries sur des auteurs connus via mails, smartphones et "posts" sur Facebook et Twitter. Nom de code : Postmodern. Dans tous les sens du terme.


"On l’appelait Ruby"

L’équipe. Le thriller policier "On l’appelait Ruby" est en tournage jusqu’au 13 juillet au Pays basque pour France 2. Au casting, on retrouve Mélanie Doutey, Karole Rocher, Lubna Azabal, Grégory Gadebois, Michel Vuillermoz, Aurélien Recoing et Michael Abiteboul. Laurent Tuel assure la réalisation sur un scénario de Sébastien Mounier.

L’histoire. Le corps d’une jeune fille, Faustine Tanner, est retrouvé à Hasparren, une ville tranquille du Pays basque. Après le choc, viennent l’inquiétude et l’angoisse. Ce crime est-il un acte isolé ou s’agit-il d’un serial killer qui rôderait à Hasparren ?


L’espoir d’aimer en chemin

Roman. Pour tenter de tirer le jeune Louis du coma, René, ludothérapeute à Lille, a recours à deux de ses marionnettes : Suzy et Momo. Mais à travers le jeu, c’est finalement sa propre enfance que René revisite sur fond de guerre d’Algérie. "L’espoir d’aimer en chemin" de Michel Quint, a été publié en 2006 par Joëlle Losfeld.

Famille. Par de nombreux biais, ce texte fait écho à la propre histoire d’Aurélien Recoing puisque son père, Alain, était marion­nettiste. Comme l’est devenu son frère aîné Blaise. Ses deux autres frères sont respectivement pianiste (David) et metteur en scène (Eloi). Dramaturge, ce dernier est aussi reconnu pour son expertise de marionnettiste.