Voir Venise… et revivre

Une fiction pour louer le combat de femmes confrontées au cancer du sein. France 2, 21h.

Caroline Gourdin
Voir Venise… et revivre
©Bruno Devoghel

Voici une fiction joyeuse dédiée aux Dragon Ladies de Reims. Ces femmes, ayant survécu à un cancer du sein, ont opté pour le canoë-kayak pour reprendre progressivement une activité physique. En 2009, Reims fut la première ville à accueillir une équipe de "dragon ladies", du nom de la curieuse embarcation à tête de dragon utilisée pour cette activité collective, le "dragon boat". En 2012, ces femmes ont même participé à la "Vogalonga", une course à la rame organisée sur la lagune, à Venise.

Déjà au centre du documentaire de Sylvie Barbe "Nous irons à Venise", l’histoire de ces femmes a également inspiré le scénariste Marc Eisenchteter, épaulé par Blandine Stintzy.

Mis en scène par Claire de la Rochefoucauld, Vogue la vie ! H H est un hymne au courage et à la solidarité.

Une fable touchante et souriante habitée par un groupe de comédiennes enthousiastes. A leur tête, l’humoriste et comédienne belge Virginie Hocq charrie une énergie solaire, inspirante. Elle incarne Raphaëlle, qui rêve d’emmener quelques copines de galère naviguer sur les flots vénitiens : Marie (Sophie de La Rochefoucauld), Karen (Claire Pérot), Safia (Naïdra Ayadi), Marylin (Marie-Christine Orry) ou Virginie (Nadia Fossier).

Elles sont issues de milieux sociaux très différents et parfois opposés, sont plus ou moins jeunes, mais partagent toutes le même désir d’aller de l’avant, de mener à nouveau une vie normale, de sortir de l’isolement où la société cherche à les enfermer. Qu’il s’agisse de leur milieu familial, professionnel ou amical.

Charmante "caution sportive"

En quête d’un coach sportif, Raphaëlle tente de convaincre Didier (Mehdi Nebbou), moniteur d’auto-école et ancien champion de canoë-kayak. Evidemment, l’homme n’est pas aisé à approcher. Et cela fait bien longtemps qu’il a remisé ses rames au placard. Déjà qu’il se dépatouille comme il peut, partagé entre sa fille adolescente et sa compagne, sans vraiment oser s’engager.

Malgré quelques maladresses et longueurs en début de récit, on se laisse happer par ces moments rares où ces femmes ne sont plus résumées à leur maladie. Et osent enfin se montrer, et se regarder. Leurs seins ont peut-être été amputés, mais leur féminité demeure entière.

Derrière la légèreté apparente, nombreuses sont les séquences qui nous touchent et nous bousculent.

En prenant les pagaies, ces femmes-là ont choisi de se battre, ensemble, de fendre les eaux comme on brise une armure. La symbolique est forte. Au-delà de la mort, de la souffrance, la vie reprend ses droits.C. G.